Journée internationale de la femme : Encore beaucoup de tabous

15 mars 2012
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Une prière de guérison a été animée avant le début de la discussion. (Photo:Virginie Bouchard)

Une prière de guérison a été animée avant le début de la discussion. (Photo:Virginie Bouchard)

La conférencière Stephanie Yuill a animé une discussion pour la Journée internationale de la femme, à la bibliothèque de Hay River.

Le 8 mars, Journée internationale de la femme, offre l’occasion aux femmes de partout dans le monde d’être reconnues, l’instant de 24 heures à tout le moins. Pour cette journée spéciale, la bibliothèque de Hay River a organisé une discussion sur les enjeux au féminin. Les petites-filles du tambour (Granddaughters of the drum) ont offert une prière de guérison avant que la discussion débute. Une quinzaine de personnes étaient présentes à l’événement qui a réuni des femmes et filles de tous âges et même quelques hommes.
Stephanie Yuill était l’animatrice de cette rencontre : « Je pense qu’être ensemble, de partager et de réaliser que l’on n’est pas seule dans les problèmes qu’on rencontre c’est très important. »
Pour cette dernière, la Journée internationale de la femme est une occasion de célébrer. « Nous sommes des créatures assez incroyables », dit-elle, en parlant de la gent féminine.

C’est aussi un moyen de combattre la violence faite aux femmes encore aujourd’hui. Stephanie Yuill organise également des « Monologues du vagin », ensemble de discours sur des histoires de femmes. De cette façon, elle contribue à la lutte contre la violence, dans la lignée du mouvement international VDay.
« C’est important d’agir dans notre propre cour et par nous-mêmes, mais il y a aussi des problèmes globaux. Je ne parle pas de circoncision à Hay River ou aux TNO, mais si on regarde à Kingston, en Ontario, il y a deux ans, il y a eu un crime d’honneur. Cela est arrivé dans notre pays! », s’exclame Mme Yuill.
Selon elle, il est primordial de garder le dialogue ouvert sur la réalité des femmes.

Reconnaître les pionnières

Plusieurs femmes d’un certain âge étaient présentes lors de la rencontre à la bibliothèque et n’avaient pas peur de s’exprimer et de faire part de leurs expériences personnelles. Certaines d’entre elles ont même dénoncé les injustices qu’elles avaient subies en tant que femmes, dans une époque pas si lointaine.
Pour Marissa Oteiza, instigatrice du projet Phab pour les jeunes filles de Hay River, il ne faut pas fermer les yeux sur les luttes accomplies par le passé.
« Il faut être fier de ce que les autres générations ont fait. Il faut se réjouir qu’elles nous soutiennent et que nous maintenant on peut aider les jeunes, les adolescentes, en retour », souligne-t-elle.
Emma Harper, partenaire dans le projet Phab a aimé l’atelier et aurait voulu entendre encore plus les aînées sur leur vie de jeunes femmes.

Un bond incroyable a été fait dans les conditions de vie des femmes, comme le souligne Stephanie Yuill : « Il y a 30, 40 ans, vous n’auriez jamais vu un groupe de femmes se rassembler pour parler de leurs problèmes ». Elle est toutefois consciente qu’il y a encore une part de travail d’acceptation et d’estime de soi à accomplir.