« Ça fait depuis hier que moi je veux jouer », affirme le chanteur avec un
large sourire. Il arpente un corridor de fleurs, peintes par les élèves de
l'école Hay River où le concert a lieu, tout en chantant quelques OH et AH
histoire de s'échauffer la voix. Ça y est, on les réclame sur scène !
Malgré quelques petits problèmes techniques causés par l'humidité qui
s'était immiscée dans le câblage en raison du concert de gouttelettes du
vendredi, la salle à Hay River était remplie et les petits amis présents
ont rapidement pris d'assaut le plancher de danse (à l'avant de la scène)
pour bouger aux rythmes endiablés du violon, du piano, de la basse et de la
batterie. Les uns admiraient les danseuses rêvant peut-être d'inverser les
rôles et les autres regardaient le violoniste en pâmoison.
« J'aime toujours jouer pour les enfants. Ils ont de l'énergie et se
laissent aller », avoue le chanteur, Briand. Ce fut donc la soirée des
enfants à Hay River. Ils tourbillonnaient et bougeaient sous les yeux d'une
foule attentive et tranquille. Les chansons se sont enchaînées, tantôt
rythmées, tantôt calmes et poétiques. Et les spectateurs ont eu droit à un
petit cours de langue acadienne. C'est ce qu'il m'aurait fallu pour
comprendre l'accent savoureux, mais ô combien étrange quand notre oreille
n'y est pas habituée.
Savez-vous comment se traduit Demain, elle s'en vient en acadien ? Eh
bien, l'on vous dira Demonne, elle s'en vonne. J'ai donc dû les faire
répéter plusieurs fois pour avoir la certitude d'avoir bien noté leurs
expressions. Et quand ils se parlaient entre eux, débit rapide en sus, il
m'était tout simplement impossible de saisir le sens de ce qu'ils disaient.
Ils étaient patients, heureusement pour moi !
À Fort Smith, devant une salle comble et un public plus âgé, composé en
grande partie d'anglophones et de métis, Grand Dérangement a soulevé
l'enthousiasme de la foule qui répondait en tapant des mains et en
grouillant sur leurs chaises. On leur a même demandé un rappel !
En première partie, un groupe autochtone de Fort Smith, The Light Cloud, a
débuté le spectacle sur des airs de musique country.
Contrairement aux paroles de l'une des chansons qui soulignent avec ironie
« qu'il n'y a jamais jamais eu de grand dérangement », la communauté de
Fort Smith a été dérangée par sept jeunes personnes énergiques! Ils
étaient d'ailleurs environ 350 personnes à s'être déplacées pour
l'occasion.
Reviendront-ils un jour à Yellowknife pour offrir leur performance à
nouveau ? L'avenir nous le dira. Entretemps, ils donneront des concerts cet
été en Acadie. Puis, ils se dirigeront ensuite à Chicago à l'automne. En
attendant, ils préparent l'album « Danse dans les flammes » qui devrait
paraître prochainement. Un groupe à suivre !