Recueil de photographies de René Fumoleau : En bas : au Nord

18 novembre 2010
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À la fin de cette scéance de signature, Réné Fumoleau a accepté de poser avec les dernières personnes qui lui ont demandé de dédicacer AU NORD. L'auteur avait mal à la main droite à force de signer ses livres en français ou en anglais. (Photo : Maxence Jaillet)

À la fin de cette scéance de signature, Réné Fumoleau a accepté de poser avec les dernières personnes qui lui ont demandé de dédicacer AU NORD. L'auteur avait mal à la main droite à force de signer ses livres en français ou en anglais. (Photo : Maxence Jaillet)

René Fumoleau, fabuleux gamin octogénaire, lance un nouveau recueil de photographies.

Les gens du Nord aiment René Fumoleau.
On en a eu la preuve le 6 novembre, alors que plus d’une centaine de résidents de Yellowknife et d’ailleurs se sont déplacés au Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles, où avait lieu le lancement du nouveau livre du photographe, poète, conteur et historien.

Après les éloges d’usage, un René Fumoleau recourbé par les années, mais toujours espiègle, gamin presque, est monté sur l’estrade et à fait ce qu’il fait le mieux : raconter. La salle, pleine à craquer, buvait littéralement les paroles du prêtre oblat retraité, établi aux Territoires du Nord-Ouest en 1953, et, accessoirement, légende vivante.

Et le voilà qui lance une de ces perles d’humour narquois qui le rendent si sympathique et pénétrant à la fois. « Quand je suis venu aux Territoires du Nord-Ouest pour la première fois [en bateau! NDLR], à Montréal ils m’ont dit “Tu te rends tout là-haut dans les Territoires du Nord-Ouest”; à  Winnipeg, “vous allez remonter le Mackenzie”; à Edmonton, “vous verrez, c’est encore loin avant d’arriver en haut, au Nord”; à Fort Chipewyan “je ne suis jamais descendu aussi bas dans le Nord”; à Fort Providence “il faut aller encore plus bas”; et finalement à Fort Good Hope, “voilà, vous avez descendu  jusqu’à nous”. » Et c’est pour ça que le cruciverbiste favori de L’Aquilon, à qui les Dénés ont enseigné que la géographie n’était pas qu’une affaire de mappemonde, a intitulé son plus récent bouquin Down North.

Publié simultanément en français sous le titre plus universel Au Nord – Vie des Dénés, Terres des Dénés, il s’agit du second ouvrage de photographie de René Fumoleau et le premier à paraître depuis un quart de siècle. Une centaine de diapositives sélectionnées parmi les quelque 14 000 cadres tirés par Fumoleau entre 1960 et 1994 ont été restaurées et numérisées – merci Norman Glowach! – pour ce livre de peu de mots et de beaucoup d’émotions.

Depuis le milieu des années 1990, René Fumoleau, qui porte ses 84 ans avec élégance, a cessé de prendre des photos. Il n’a cependant pas arrêté de consulter les caisses d’images qu’il a généreusement cédées aux archives territoriales. Comme bénévolat, il se rend aux archives – une bonne trotte depuis Lutsel’ke! – et il identifie les visages que son appareil-photo a immortalisés. « Un travail d’une valeur historique incalculable », assure la directrice du musée, Barb Cameron, qu’on croit sur parole.

Détail important : le photographe voulait que ce coffee-table ait une circulation la plus grande possible, et donc qu’il se détaille à un prix abordable, chose rarissime pour ce genre mi-livre, mi-œuvre d’art. Grâce à la Denendeh Corporation qui, dans les mots de René  Fumoleau, « ne m’a pas seulement ouvert la porte, mais aussi le portefeuille », le bel objet peut être à vous pour si peu qu’une trentaine de dollars. Et voilà pour la délectation des masses.

Le lancement coïncidait avec le vernissage de l’exposition Beauté des saisons consacrée à l’œuvre photographique du Franco-Ténois. L’exposition, qui comprend notamment le Pentax avec lequel l’artiste a tiré ses indémodables clichés, est présentée au musée Prince-de-Galles jusqu’en mai 2011. Allez donc faire un tour.