Réseau TNO Santé en français : Elle connait les défis d’évoluer dans un contexte minoritaire

19 novembre 2015
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(Crédit photo : Maxence jaillet)

(Crédit photo : Maxence jaillet)

Oumalker Idil Kalif a étudié la sociologie, fait de la coopération internationale et compte sur son expérience communautaire pour stimuler les services de santé en français aux Territoires du Nord-Ouest.

La coordonnatrice du Réseau TNO Santé en français vient de Montréal et a travaillé avec plusieurs groupes linguistiques dans le sud-ouest de la ville. Que ce soit dans la Petite-Bourgogne où à Yellowknife, Oumalker Idil Kalif affirme qu’il est de toute façon plus difficile d’aider les communautés linguistiques minoritaires si elles n’ont pas de levier pour s’épanouir. « J’étais impliqué avec des services aux anglophones et allophones également et les défis sont relativement les mêmes, avec bien sûr une proportion différente », estime-t-elle.
En poste depuis le début du mois d’octobre 2015, elle note qu’aux TNO, bien que la population soit moins élevée, l’engagement est assez grand. « Avec le nombre d’associations chapeautées par la Fédération franco-ténoise et les autres organisations, le fait français est bien organisé. » Elle approuve la cohérence et le soutien dont bénéficie son rôle de coordinatrice. Elle apprécie que le directeur général de la fédération ayant tenu le rôle de coordonnateur du Réseau TNO Santé en français pendant plusieurs années soit toujours là et prêt à l’aider. Elle se sent également épaulée par le réseau national Santé en français.

Professionnels bilingues recherchés
Oumalker Idil Kalif se définit comme une personne de terrain. Dès ses premiers jours, elle s’est présentée à l’hôpital de la capitale en se mettant dans la peau d’une personne qui ne parle pas anglais. Pour elle, plus que simplement l’assurance de pouvoir parler dans sa langue, c’est la question de la sécurité qui stimule sa démarche. « Dans une situation vulnérable et parfois même critique, comment avoir accès à des services plus équitables et surtout plus sécuritaires? », demande-t-elle. Mais la coordonnatrice pousse plus loin la réflexion et s’intéresse également à la réalité du personnel de santé unilingue qui, forcément, peut se sentir moins efficace face aux barrières linguistiques. Kalif parle d’un impact direct sur l’évolution de la santé, et déclare que l’embauche de professionnels bilingues est un enjeu majeur pour son réseau.

Nouveau regard
Selon elle, son « regard frais sur la situation de la santé en français aux Territoires est un atout ». Alors qu’elle sait qu’il est facile de se laisser avaler par les défis quotidiens et le décalage linguistique; alors que les francophones du Grand Nord ne vivent pas intégralement en français, elle soutient que ces défis, bien qu’énormes, ne sont pas insurmontables. Elle envisage déjà des pistes pour éviter le cloisonnement en multipliant les plateformes d’échange entre la communauté et les professionnels. « Cela revient à l’offre active et à la demande active en français, et à la mise en place de lieux d’échange en français. Il ne faut pas garder ça pour nous », termine-t-elle en invitant à la vitalité francophone.