Rétrospective 2014 : Éducation

08 janvier 2015
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La cour d'appel des TNO a entendu les parties en cause en ce qui concerne le litige opposant le gouvernement ténois, l'Association des parents ayant droit de Yellowknife (APADY) et la Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest (CSFTNO).
De gauche à droite: Me Francis Poulin, l'ancienne directrice générale de la CSFTNO Marie LeBlanc-Warick et Me Roger Lepage.

La cour d'appel des TNO a entendu les parties en cause en ce qui concerne le litige opposant le gouvernement ténois, l'Association des parents ayant droit de Yellowknife (APADY) et la Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest (CSFTNO). De gauche à droite: Me Francis Poulin, l'ancienne directrice générale de la CSFTNO Marie LeBlanc-Warick et Me Roger Lepage.

Les francophones ont des droits égaux aux anglophones dans le domaine de l'instruction. Mais ils ne sont malheureusement pas acquis. 2014 a été marqué par un pénultième épisode de la lutte de l'Association des parents ayant droit de Yellowknife (APADY) et de la Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest (CSFTNO) pour le respect de l'instruction en français.

C'est en effet en mars que la cour d'appel des TNO entend les parties en cause. Les objectifs de l'APADY et de la CSFTNO : recouvrer la gestion des admissions, obtenir des infrastructures légitimes (gymnase, locaux spécialisés, etc.) à Allain St-Cyr et Boréale et protéger les droits linguistiques des enfants âgés de trois à cinq ans. Dès le départ, l'encadrement et le personnel mis en place par le ministère de la Justice donnent à réfléchir. Au grand dam de l'avocat de l'APADY et de la CSFTNO, Roger Lepage, deux des trois juges sont unilingues anglophones et il n'y a pas d’interprète spécialisé dans le domaine juridique. Comme en 2010, le procès est retardé à cause de problèmes de sonorisation de l'interprétation. « Je ne blâme personne, dit´ Me Lepage, mais c’est une vraie farce. »
On attend incessamment le verdict des juges Patricia Rowbotham, J. Watson et F.F. Slatter.
Shelley Maher, de Hay River, met en ligne, en septembre, sur le site Internet de l'Assemblée législative une pétition demandant que le gouvernement abolisse toute restriction d'admission à l'école Boréale et investisse dans la construction d'un gymnase pour cet établissement plutôt que dans des frais de justice.

Stratégies parallèles
Parallèlement aux démarches judiciaires, le gouvernement ténois sonde, en mars 2014, la CSFTNO pour troquer les écoles Wiliam McDonald contre Allain St-Cyr et Camsell contre Boréale. La CSFTNO refuse, le marchandage suscite la grogne chez plusieurs membres de la communauté anglophone, qui ont le sentiment d'un vol. Le concept de troc, amplifié par les médias ténois, reviendra plusieurs fois au cours de l'année, alors même que la porte est fermée et que tous attendent le verdict de la cour d'appel. C'est le cas notamment alors que la Commission scolaire de district no 1 de Yellowknife cherche à diminuer ses coûts d'infrastructure et songe à fermer l'école J.H. Sissons... ou à la refiler aux francos? La confusion règne.

Mouvements à la direction
2014 s'avère également une année de remaniements majeurs au sein des têtes dirigeantes de la CSFTNO. Après une carrière de 39 ans en éducation, la directrice générale de la CSFTNO Marie LeBlanc-Warick démissionne; elle est remplacée par la directrice d'Allain St-Cyr Yvonne Careen, qui elle, cède son poste à l'ancienne directrice de l'école St-Joseph, Geneviève Charron. Tout en apprivoisant l'établissement, cette dernière doit composer avec la réforme scolaire qui touche l'ensemble des élèves des TNO. Cette réforme met notamment l'accent sur l'autorégulation, c'est-à-dire la conscientisation des élèves de leurs processus d'apprentissage et des conditions favorisant ce dernier. Autre réforme majeure dans les classes de mathématiques au primaire : le regroupement des élèves selon leur mode cognitif (intelligences spatiale, verbolinguistique, etc.).

Urgence
En septembre paraît un rapport appelant des mesures immédiates pour la petite enfance. Selon les analyses, les jeunes enfants ténois montrent des retards dans plusieurs sphères du développement par rapport à la moyenne nationale, particulièrement dans les centres régionaux et les petites collectivités. Par exemple : la moyenne des enfants ténois susceptibles d'avoir des problèmes de développement physiques dus à la malnutrition et au manque de sommeil est trois fois plus élevée que la moyenne nationale. Ce rapport conforte le gouvernement dans la nécessité de mettre rigoureusement en œuvre son plan stratégique 2013-2023 et ses 22 mesures spécifiques.
Conformément avec ce plan stratégique (Partir du bon pied) le ministre de l'Éducation, de la Culture et de la Formation, Jackson Lafferty, annonce, toujours en septembre, la création d'une bourse pour les individus désirant faire carrière dans le développement de la petite enfance. Dix bourses de 5 000 $ sont disponibles pour les étudiants collégiaux et universitaires à temps plein.
Enfin, en novembre, le conseil d'administration du Collège nordique francophone annonce que son directeur général, Jean-Pierre Joly, quitte son poste et retourne au Québec. Le Collège est alors dans une phase décisive de son développement avec l'acquisition de matériel informatique, l’embauche de nouveau personnel et l'implantation en cours du portail Moodle.