Les francophones ont une commission scolaire : Éducation

01 septembre 2000
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Jean-François Pitre s'est dit heureux des développements récents au niveau de l'éducation française aux Territoires. D'abord, il y a eu la création de l'École Allain St-Cyr en 1989, ensuite la création du premier Conseil scolaire francophone de Yellowknife en 1994, la construction et l'inauguration de l'établissement académique au cours des deux dernières années et, cette semaine, l'annonce que les francophones ont maintenant leur propre commission scolaire. « C'est un des grands faits saillants du Nord, a déclaré M. Pitre. Le Nouveau-Brunswick, qui est une province bilingue, n'a pas de commission scolaire, tandis que nous en avons maintenant une. À ce jour, tout va très bien. Nous tentions d'obtenir cette commission depuis les trois ou quatre dernières années, et, maintenant, nous l'avons. C'est remarquable ! Le plus gros du travail reste maintenant à faire. » L'année académique débutera quand même sous l'aile de la Commission scolaire no 1 de Yellowknife (YK1) puisque la commission francophone commencera à exister légalement le 6 novembre. Les frais d'administration de l'école continueront d'être assumés par YK1 au cours de la prochaine année. « L'année sera une période de transferts et de transitions », a expliqué M. Pitre. La pleine gestion de l'École Allain St-Cyr par la nouvelle commission sera réalisée le 30 juin 2001, lorsque le personnel de l'établissement passera sous sa juridiction. La commission sera financée pour la somme minimale de 965 000 $ au cours des quatre prochaines années. Les gouvernements fédéral et territorial partageront les frais selon leurs propres formules. Le conseiller Benoît Boutin a laissé entendre que la campagne pour élire cinq commissaires devra débuter à partir de la semaine prochaine selon la Loi sur les élections et les administrations locales. Seuls les parents auront le droit de vote, tandis que les ayants-droit, définis par l'article 23 de Charte canadiennes des droits et libertés, pourront soumettre leur candidature. « Je ne suis pas un parent, mais je pourrais me présenter pour devenir commissaire », a précisé M. Boutin. Il a ajouté que les bulletins seront écrits dans les deux langues officielles, comme l'exige la Loi. Les élections auront lieu en octobre. La date exacte reste encore à déterminer. En attendant, Paul Bachand a accepté d'être le directeur de scrutin adjoint lors ces élections. La directrice de l'école, Julie Bouchard, s'est déclarée heureuse de la décision. Elle a souligné que ses raisons sont plus d'ordre administratif avant tout autre chose. Selon elle, les gestionnaires n'auront plus à expliquer leurs décisions basées sur des principes souvent culturels aux autres membres de la Commission scolaire YK1. « Je ne suis pas convaincue que cela fera une différence immédiateme sur le plan quotidien. Nous la verrons plus à long terme, a souligné Mme Bouchard. Notre calendrier scolaire n'est pas le même que celui de YK1. C'est difficile d'expliquer pourquoi nous sommes différents des autres représentants. Parfois, ils ne comprennent pas très bien nos motifs. » Elle a ajouté que les élèves profiteraient des changements, puisque la démarche facilitera la tâche de s'occuper de leurs besoins immédiats. Mme Bouchard a également laissé entendre que cette logique s'appliquait aux professeurs, qui pourraient faire avancer leurs priorités dans les classes plus efficacement. Les élèves de Hay River ne feront pas partie de la nouvelle commission scolaire. Le regroupement des parents de cette ville a décidé d'attendre qu'elle devienne réelle avant de se prononcer.