Une université dans le Nord Une université dans le Nord : Éducation

26 mai 2000
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Il arrive parfois que la création de nouvelles lois ou la modification de lois existantes passent presque inaperçues. Certaines de ces lois ont toutefois le potentiel d'avoir un impact sur la société entière à moyen ou à long terme. La Loi modifiant la Loi sur les collèges publics en est un exemple. Elle risque éventuellement d'être reconnue comme une pièce législative fondamentale dans l'histoire de l'éducation des T.N.-O. puisqu'elle permet au Collège Aurora d'accorder des diplômes universitaires. Le collège offre présentement des diplômes universitaires en partenariat avec des institutions académiques du Sud comme l'Université de Lethbridge en Alberta. Les domaines sont pour l'instant limités à l'enseignement, les soins infirmiers, la gestion d'affaires, la gestion des ressources naturelles et à la formation de travailleurs sociaux.

« Les amendements ont formellement donné au collège la base nécessaire pour accorder des diplômes universitaires », a indiqué Maurice Evans, le président du Collège Aurora. « Les modifications à la Loi sont la culmination du plan quinquennal de 1995-2000 », a-t-il ajouté.

M. Evans a une vision d'un collège axé sur les besoins des résidents des T.N.-O. Ce dernier règne véritablement sur un empire académique. Le collège regroupe trois campus dans les communautés d'Inuvik, de Yellowknife et de Fort Smith, la municipalité où est situé le quartier général d'Aurora. « Nous sommes à la veille de former, en collaboration avec le ministère de l'Éducation, de la Culture et de la Formation, un comité mixte d'orientation pour élaborer un plan d'action sur la remise de diplômes collégiales et universitaires ».

M. Evans estime qu'augmenter la qualité de l'éducation aura un impact bénéfique sur les communautés des T.N.-O. La majorité des élèves fréquentant le collège est d'origine autochtone et souhaite demeurer dans le Nord. Si les diplômés ont une meilleure connaissance de leurs domaines, ils pourront offrir de meilleurs services à leurs clientèles. Pourtant, M. Evans n'est pas convaincu qu'un changement de vocation augmentera le taux d'inscription au collège. Une bonne part de la clientèle est composée d'adultes souhaitant poursuivre des études supérieures et ayant déjà fondé des familles.

« Pour l'instant, la priorité est d'offrir des diplômes équivalant aux normes nationales », a précisé ce dernier. « Par exemple, les élèves qui s'inscrivent en soins infirmiers pourront éventuellement obtenir un baccalauréat en partenariat avec une université du Sud. »

Le député de Thebacha, Michael Miltenberger, est l'homme derrière les modifications apportées à la Loi. Ce résident de Fort Smith et ancien ministre de l'Éducation, de la Culture et de la Formation soutient que le collège continuera de jouer un rôle primordial dans le développement de l'économie nordique.

« C'est certain que les cours offerts vont de pair avec les priorités économiques des T.N.-O. », a-t-il souligné. « Ce serait bien d'éventuellement offrir des cours à vocation culturelle, car la culture est une partie intégrale d'une bonne éducation, mais les personnes inscrites au collège s'attendent avant tout d'obtenir un emploi après avoir complété leurs études ». M. Miltenberger estime que l'avenir universitaire du Collège Aurora dépendra avant tout du développement économique des Territoires. La question universitaire sera de nouveau soulevé lors d'un colloque sur l'éducation qui se déroulera à Whitehorse, au Yukon, du 31 mai au 1er juin.