Les enseignants aux barricades : Éditorial

07 janvier 2000
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Durant toute la période de négociation cet automne entre le gouvernement et l’Association des enseignants et enseignantes des T.N.-O., les différentes manoeuvres du gouvernement me laissaient croire que celui-ci se préparait pour une guerre de tranchée avec ses employés de l’éducation. J’avais donc été pris par surprise au mois de novembre lorsque les deux parties avaient annoncé que le syndicat acceptait de soumettre une entente de principe à ses membres.

J’ai réalisé quelques jours plus tard, en discutant avec notre voisine de bureau, Pat Thomas, que la situation était loin d’être réglée. En effet, fin-novembre, les enseignants rejetaient avec vigueur la proposition patronale. Depuis ce temps, les négociations ont repris pour quelques heures seulement et les enseignants s’apprêtent à déclencher une grève partielle.

On sait tous que le gouvernement territorial fera face à une situation fiscale déficitaire au cours des prochaines années. Avec le renouvellement de la convention collective des enseignants et celle imminente des employés de la fonction publique, le gouvernement se retrouve en mesure de rejetter ce fardeau fiscal sur ses employés. On peut donc s’attendre a beaucoup de remue-ménage social au cours de l’année 2000. Tout un commencement de millénaire.

Ce qu’on sait moins, c’est que cette crise fiscale a été camouflée au cours des dernières années. Les stratégies gouvernementales visant à se départir de ses immobilisations et à s’appuyer davantage sur le secteur privé ne faisait que masquer temporairement la situation budgétaire du gouvernement. De propriétaire à locataire, le gouvernement a hypothéqué son avenir et maintenant c’est aux employés et à la population de payer pour les pots cassés.