Pleurer avec fierté : École Allain Saint-Cyr

03 mars 2000
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Elle a mené le combat, jusqu'au bout ! Elle a tout donné, mais l'ouverture de la première école francophone aux T.N.-O., a réussi à lui arracher plusieurs larmes chargées d'émotions. « C'est comme un rêve », souffle une des fondatrices de l'unique école française, Bernadette Leblanc-Fortier. « Quand on a commencé à élaborer le projet, nous avions une vision de l'avenir », se rappelle Mme Fortier-Leblanc. Cette dernière, qui enseignait dans une classe d'immersion, en est arrivée à la conclusion que ces classes n'étaient pas la solution qu'elle envisageait pour ses enfants. « En immersion, les petits francophones subissent les tracasseries des enfants et grandissent parfois avec l'idée que le français est davantage une nuisance. Une attaque personnelle sur sa langue correspond à une attaque sur sa personne », affirme Mme Leblanc Fortier.

Elle en sait quelque choseŠ « Il y a une certaine fierté à vivre en français. Moi, je suis née en Saskatchewan, dans une petite ville et l'on me traitait souvent de « french frog ». J'ai fréquenté l'école anglaise jusqu'en 11e année, puis ensuite, mon père m'a inscrite dans un collège privé francophone », raconte Mme Leblanc-Fortier.

Pour éviter cette situation à ses propres enfants, elle s'est donc employée à mettre son énergie dans le projet visant la création d'une école francophone. « À un moment, il faut faire des choix. Si l'on souhaite que nos enfants s'identifient comme francophones, il faut leur donner les moyens d'apprécier leur langue ! » insiste Mme Leblanc-Fortier. La création d'une école francophone semblait être la solution afin de réaliser ce souhait. Si le bâtiment existe aujourd'hui, c'est grâce à l'acharnement de Mme Leblanc-Fortier et de plusieurs parents fortement impliqués dans le dossier.

L'émotion était d'ailleurs l'invitée d'honneur à cette cérémonie d'ouverture ! Toutefois, pour Mme Leblanc-Fortier, l'inauguration officielle du nouvel établissement n'est pas son plus beau souvenir. Cette dernière murmure : « La première journée d'Yvan, mon fils aîné, lorsqu'il est entré à la maternelle fut l'un de mes plus beaux moments », révèle Mme Leblanc Fortier d'une voix très émue. « De cette expérience, je retiens qu'il faut s'associer avec des gens qui peuvent rire, pleurer, râler, faire tout ce qu'ils peuvent ensemble pour s'encourager à continuer parce que c'est difficile », souligne en riant Mme Leblanc-Fortier.