Exploration gazière dans une future aire protégée
Des Inuit sont mécontents suite à la décision du gouvernement fédéral d’aller de l’avant avec l’exploration gazière dans une portion de l’océan Arctique candidate au statut d’aire protégée. Alors que Ressources naturelles Canada avait annoncé en juin qu’elle renonçait à effectuer des travaux de sondage sismique dans le détroit de Lancaster, au nord de l’île de Baffin, on a appris, le 22 juillet, que l’agence gouvernementale ne changerait finalement pas ses plans et comptait toujours procéder à l’exploration.
Le détroit de Lancaster est candidat à la dénomination de réserve marine en raison de la qualité exceptionnelle de cet habitat pour les mammifères marins. Il s’agit également d’un important couloir de déplacement des icebergs. L’association inuit régionale Qikiqtani dénonce la décision du gouvernement fédéral. L’organisation estime que les travaux vont mettre en péril l’intégrité du site marin. L’exploration est vue comme le premier pas vers de possibles forages gaziers. Les partisans de l’exploration affirment pour leur part que les résultats des recherches sur le fond marin peuvent être utiles pour les partisans de la protection du détroit.
L’énergie géothermique, ça vaut le coût
La construction d’installation géothermique à la mine Con sera beaucoup plus coûteuse que prévu, mais vaut la peine d’être tentée, selon une étude commandée par la ville de Yellowknife qui vient d’être publiée. La firme Compass Resources Management estime qu’il pourrait en coûter jusqu’à 61,2 millions de dollars à la ville pour mettre en place le projet, soit plus du double que les 26,5 millions de dollars qui avaient été initialement évalués par la ville.
Cependant, l’étude affirme que la ville jouirait d’une source d’énergie alternative et que les investissements seraient profitables à long terme. Toujours selon l’étude, environ 39 édifices du centre-ville pourraient être chauffés à l’énergie géothermique, l’équivalent de 52 000 mégawatts ou de 7 millions de litres de mazout. Le gouvernement fédéral a déjà promis d’investir entre 10 et 20 millions dans le projet. La ville entend trouver d’autres subventions et mener de nouvelles études de faisabilité.
Course au pôle et découverte
La course au pôle est lancée! Le Canada et les États-Unis tiendront une mission conjointe dans l’Arctique au mois d’août. Pendant ce temps, la Russie lance sa propre mission de recherche avec une longueur d’avance. Du 7 août au 3 septembre, deux navires, l’un canadien, l’autre américain, vont se rendre dans la mer de Beaufort pour délimiter le plateau continental. Les deux navires colligeront des données scientifiques relatives au plateau continental étendu et au fond de l’océan. Le bateau américain Healy dressera un portrait du fond marin à l’aide d’une écho sonde à multifaisceaux. De son côté, le navire canadien Louis S. St-Laurent récoltera les données de réflexion et réfraction sismiques à multicouches pour déterminer l’épaisseur des sédiments. Pendant ce temps, la Russie a annoncé mardi matin une initiative similaire avec le brise-glace scientifique Akademik Fyodorov.
La découverte d’une épave de navire pourrait aussi raffermir les prétentions canadiennes pour la souveraineté dans l’Arctique. Il s’agirait de l’épave du navire dont l’équipage a trouvé le passage du Nord-Ouest. Le HMS Investigator aurait été retrouvé plus de 155 ans après son abandon dans une baie isolée du Grand Nord, sur les berges de la mer de Beaufort. Il repose dans des eaux très froides et ne se serait pas détérioré rapidement. Le HMS Investigator transportait le capitaine Robert McClure qui a découvert l’entrée du passage du Nord-Ouest.