Enseignement du français : Échanges fructueux

03 octobre 2014
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Les moniteurs de français des Territoires du Nord-Ouest. Rangée du fond, de gauche à droite: Tristan Côté-Hotte, Gaëlle St-Louis et Véronique Thiffault. À l'avant: Laurie Belhumeur, Mélanie Genest et Klaudia Mika.

Les moniteurs de français des Territoires du Nord-Ouest. Rangée du fond, de gauche à droite: Tristan Côté-Hotte, Gaëlle St-Louis et Véronique Thiffault. À l'avant: Laurie Belhumeur, Mélanie Genest et Klaudia Mika.

Être moniteur de français permet de faire une différence dans la vie des jeunes
 

Les moniteurs de français avaient aussi leur place à la conférence qui a réuni tous les enseignants des Territoires du Nord-Ouest à Yellowknife du 29 septembre au 1er octobre. Ce fut pour eux un moment d'échanges et de genèse d'idées.
La plupart d'entre eux sont nouveaux aux Territoires, et dans leur profession. Ils ne s'étaient jamais rencontrés, certains étant arrivés ici après la rencontre de formation qui a eu lieu en août dernier. Ils se sont réunis les 29 et 30 septembre avec la coordonnatrice des programmes de français au ministère de l'Éducation, de la Culture et de la Formation, Raymonde Laberge, afin de développer de nouveaux outils pour l'apprentissage du français, et de partager leurs bonnes idées respectives. Lors d'une rencontre par exemple, les moniteurs ont fait du brainstorming afin d'énumérer toutes les idées d'enseignement qu'on peut inventer à partir d'un livre, à partir d'un ensemble de cartes où chacune d'entre elles est une lettre.
Parmi les pratiques de ses homologues, Laurie Belhumeur, qui est monitrice à l'école St-Joseph, retient l'idée d'inculquer des notions de français en mettant à profit d'autres matières comme la géographie ou les mathématiques. Tristan Côté-Hotte, d'Inuvik, se promet d'intégrer à son corpus une idée amenée par Mélanie Genest d'Allain St-Cyr, celle des poèmes troués, c'est-à-dire d'un ensemble de strophes avec des mots manquants, que l'élève complète au gré de son imagination... et de son vocabulaire.

Un métier valorisant
La rencontre n'est pas seulement consacrée à la pédagogie, mais également à l'adaptation à ce milieu professionnel particulier qu'est l'école et à la vie aux Territoires. Klaudia Mika en est à sa seconde année aux TNO, elle qui travaille dans les écoles anglophones de Hay River. « Je donne des conseils, dit-elle, mais chacun fait ses choix. » « Il faut dire, précise Mélanie Genest, que les réalités diffèrent selon la grandeur de ton école, sa langue principale et l'âge de tes élèves. » Mais il y a clairement moyen de se rejoindre et lors de la rencontre, Tristan Côté-Hotte a émis l'idée de démarrer un groupe Facebook afin d'échanger.
Dans les grandes lignes, les six moniteurs aiment leur travail et ont le sentiment de faire œuvre utile. « J'adore ça, de dire Laurie Belhumeur. Être moniteur de français permet d'en apprendre plus sur les jeunes, de faire une différence dans leur vie. En un mois, leur appartenance au groupe s'est développée. Et ils nous considèrent comme des bonbons parce qu'on leur fait faire des jeux. » Quant à Gaëlle St-Louis de l'école Joseph Burr Tyrrell de Fort Smith, elle apprécie particulièrement de voir évoluer la perception du français par les enfants, de l'aversion jusqu'à l'affection. « Quand les enfants nous croisent dans la rue, se réjouit Klaudia Mika, ils sont fiers de nous dire quelques mots en français. »