« .. les gens devraient présumer que la bactérie est présente » -- Dr André Corriveau : E. coli

07 juillet 2000
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Même si aucun grossiste n'a rappelé de la viande hachée des T.N.-O., les gens devraient se méfier de la nourriture qu'ils consomment, a mis en garde le chef du service médical, le Dr André Corriveau. Cet avertissement fait suite au rappel de viande hachée dans plusieurs provinces canadiennes, dont le Québec.

Au moins quatre cas de la bactérie e. coli ont été diagnostiqués aux T.N.-O. dans quatre communautés différentes depuis le début de l'été. Aucun lien n'a été établi avec un problème de contamination générale de la viande. « Le nombre de cas rapportés de la bactérie est à la hausse dans le Sud », a expliqué le Dr André Corriveau. « Même si aucune viande n'a fait l'objet d'un rappel, les gens devraient présumer que la bactérie est présente.» Le meilleur moyen d'éviter de contracter la maladie est de bien cuire la viande qu'on désire manger. Il faut également se laver les mains après avoir manipulé la viande crue et des ustensiles et des assiettes, ayant été en contact avec cette dernière, avant de consommer la nourriture.

Les consommateurs ont souvent la mauvaise habitude de remettre leur hamburger cuit dans l'assiette sale contenant ses jus. Ce sera alors le jus, et non la viande cuite, qui sera la source de la contamination. Les gastronomes amateurs de chair oublient régulièrement de nettoyer leur comptoir de cuisine.

« Il est important de ne pas laisser la viande traîner sur le comptoir trop longtemps. Une petite contamination peut en devenir une grosse dans l'espace d'une heure ou deux à mesure que la bactérie se reproduit », a souligné le docteur.

La bactérie peut être la cause de diarrhées sanglantes et elle peut également produire des toxines affectant les reins. Les jeunes et les personnes âgées sont souvent obligées de subir des traitements en dialyse pour réduire les effets de ces toxines. L'usage des antibiotiques est régulièrement exclu des traitements puisqu'ils peuvent créer une insuffisance rénale, toujours selon le docteur.

« Ils sont parfois employés, mais ils augmentent le risque de complications. Il faut donc attendre que le traitement par intraveineuse fasse son effet et que le corps se débarrasse de l'infection avant de pouvoir déclarer un patient rétabli. »

Les techniques employées dans l'abattage des animaux devraient être remise en question, selon le Dr Corriveau. La présente gestion des animaux expliquerait en grande partie l'augmentation des incidences de la bactérie e. coli cette année.

Une raison de plus de se méfier : le docteur a entendu dire que c'est une des bactéries les plus douloureuses qui soient. Il a souligné que l'incident de Walkerton, en Ontario, où près d'une dizaine personnes ont perdu la vie, et des dizaines d'autres ont été contaminées, était relié au traitement de l'eau et non au traitement de la viande.