Santé en français : Du renfort national

12 décembre 2013
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Jean de Dieu Tuyishime du Réseau TNO Santé en Français a reçu le directeur de la Société Santé en Français, Michel Tremblay durant la première semaine du mois de décembre 2013. (Photo : Maxence Jaillet)

Jean de Dieu Tuyishime du Réseau TNO Santé en Français a reçu le directeur de la Société Santé en Français, Michel Tremblay durant la première semaine du mois de décembre 2013. (Photo : Maxence Jaillet)

Le directeur de la Société Santé en français visite les Territoires du Nord-Ouest et discute de soins de santé en français avec la sous-ministre de la Santé des TNO.

Michel Tremblay commence un quinquennat à la direction de la Société Santé en français qui chapeaute 17 organismes provinciaux et territoriaux. Pour mieux connaitre la réalité de chaque membre de ce réseau national, il a reçu le mandat de tous les visiter, et s’y applique depuis l’automne 2013. En visite aux Territoires du Nord-Ouest, il a été accueilli par Jean de Dieu Tuyishime, qui est le coordonnateur du Réseau TNO Santé en français basé à Yellowknife.
« C’est l’occasion de connaître la réalité de la communauté, de rencontrer les partenaires, tels que les individus qui siègent au comité consultatif sur la santé en français ici », soutient Michel Tremblay, qui apprécie ses rencontres avec les organismes qui gravitent autour de la communauté. Il rapporte que de retour à Ottawa, il pensera au Réseau TNO Santé en français avec tous ses liens communautaires.
Pour Jean de Dieu Tuyishime, cette visite veut dire beaucoup. C’est l’occasion pour cet organisme qui veut assurer aux collectivités francophones territoriales l'accès en français, à toute la gamme des soins et services de santé offerts aux TNO, de s’afficher avec un partenaire de taille. « C’est l’occasion de montrer que l’on n’est pas seul. Quand on est dans une situation comme celle aux TNO, on peut parfois se sentir isolé et quand on a des visites comme celle de Michel, on en profite pour rappeler à nos partenaires, aux décideurs politiques, que les difficultés rencontrées ainsi que les problématiques se recoupent partout dans le pays et ne nous sont pas uniques du fait que nous sommes petits et isolés. »

Un fardeau partagé est moins lourd
Durant la visite de M. Tremblay, la Fédération franco-ténoise et le Réseau TNO Santé en français ont organisé une rencontre avec Debby Delancey, la sous-ministre du ministère de la Santé et des Services sociaux. En entrevue, cette dernière a affirmé avoir été très heureuse d’avoir obtenu une perspective nationale : « Nous nous sommes accordés sur le fait que nous ne commençons pas avec une page blanche, qu’il y a des exemples à suivre un peu partout au pays et que ce sont de ces meilleurs pratiques qu’il faut s’inspirer ». Cette rencontre entre les gouvernements et les représentants de la communauté pourra surement profiter à la bonification des services en français dans le système hospitalier et les autres organismes de santé ténois, car le ministère en est encore à peaufiner son plan d’action pour améliorer ses services et ses communications en français dans le cadre d’un plan stratégique lancé l’automne 2012 par le gouvernement territorial. Michel Tremblay espère bien que le gouvernement a compris son message : « Nos organismes communautaires sont des partenaires indispensables de la réussite de ces plans d’amélioration ».

Offre active ou traduction des documents?
À la question « Lequel des deux éléments faut-il favoriser entre les services ou les communications pour offrir un bon système de Santé en français? », Michel Tremblay penche pour l’offre active, même s’il soutient que les deux éléments sont importants. « Il faut savoir qu’en santé, c’est une relation. C’est une communication entre deux personnes, l’offre active, c’est la façon d’aller chercher beaucoup d’information chez les personnes âgées, par exemple, ou chez les enfants. C’est important que l’on ait des modes d’emploi traduits en français, mais je crois que c’est encore plus important d’avoir une interaction, une relation entre les gens. C’est ça la Santé : une personne qui donne un soin à une autre personne », argumente le directeur de la Société Santé en français.
Sur ce point, le gouvernement du Nunavut a quant à lui fait un choix à mi-chemin entre les deux. Stéphane Cloutier, le directeur des langues officielles au gouvernement du Nunavut, explique qu’avec la publication d’un passeport français-anglais sur la terminologie utilisée durant les rencontres médicale, le gouvernement a développé un outil pour faciliter la communication : « Le guide de traduction pour le patient a donné un outil de communication entre patients et professionnels de la santé, mais ce n’est pas la réponse à tout. C’est un outil qui fait la promotion des services de santé en créant une sensibilisation chez les membres de la communauté, chez les patients, alors qu’ils peuvent lire les différents termes médicaux dans un recueil d’une vingtaine de pages. »
La publication de ce guide réitère l’idée de ne pas réinventer la roue, comme souligné par la sous-ministre Delancey, afin de mettre en œuvre les obligations gouvernementales en matière de langues officielles. Le guide de traduction du patient est une idée qui a été prise ailleurs : « C’est notre coordonnatrice qui s’est inspirée d’une initiative qui se trouvait à Terre-Neuve, et a adapté le contenu pour refléter la réalité de notre territoire avec des problèmes de santé parfois plus récurrents au Nunavut », d’avouer Stéphane Cloutier. Mais le véritable point fort de cette initiative pour le directeur des langues officielles du Nunavut, c’est que ce guide a également été développé pour les langues inuites, créant ainsi un outil bien reçu au sein de toutes les communautés.