Parlement franco-canadien du Nord et de l’Ouest 2015 : Du plaisir à débattre

19 novembre 2015
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Les membres du Parlement franco-canadien du Nord et de l'Ouest 2015 à Yellowknife. (Crédit photo : Courtoisie de Jeunesse TNO)

Les membres du Parlement franco-canadien du Nord et de l'Ouest 2015 à Yellowknife. (Crédit photo : Courtoisie de Jeunesse TNO)

Sérieux ou loufoques, les discours des parlements franco-canadiens du Nord et de l’Ouest restent une indiscutable expérience francophone, dynamique et enrichissante.

 
Malgré vents et blizzards, le 25e Parlement franco-canadien du Nord et de l’Ouest (PFCNO) a tenu ses promesses : amitiés, constructions identitaires, expressions orales et expériences parlementaires. Les retards aériens occasionnés par les intempéries nordiques au début de cette rencontre du 11 au 15 novembre 2015, n’ont bousculés que le programme, surtout pas entaché l’enthousiasme et le dynamisme des 51 jeunes francophones venus des quatre provinces de l’Ouest et des trois territoires canadiens.

Organisée par Jeunesse TNO, cette édition 2015 à Yellowknife a été le théâtre de plusieurs expériences inédites. L’accueil cérémonieux et dansé de la Première Nation des Yellowknives Dénés; la tenue des débats dans une salle ensoleillée... l’auditorium du Centre septentrional Prince-de-Galles (normalement, les débats sont tenus en chambre, mais à l’Assemblée législative des TNO, seuls 19 sièges sont disponibles); la participation d’une délégation du Nunavut, une soirée micro ouvert permettant aux jeunes de partager leurs talents et la création d’une capsule historique.
 
Vivre le moment présent, oui, mais raffiner le futur, certainement
Melody Findlay vient de Régina, elle estime que cette expérience dans le Nord avec un parlement réduit à une cinquantaine de participants a permis de mieux connaitre les autres jeunes. Selon elle, l’avantage du parlement jeunesse réside dans la célébration de la francophonie. « Ça nous fait pratiquer le français dans des situations réelles et surtout des situations stimulantes. »
La jeune femme a apprécié l’aspect constructif de ce 25e parlement, alors que les participants se sont projetés dans le futur en fabriquant une capsule pour la 30e édition du PFCNO. « Il a été décidé de s’assumer en tant que parlement unique et nous avons fait des propositions pour créer notre propre masse afin d’ouvrir nos débats parlementaires. La masse pourrait contenir une urne qui recueillerait de la terre de chaque territoire et province, mais aussi les cendres des vadémécum de chaque parlement », ajoute celle qui a déjà participé à cinq parlements.
Pour la première fois député au sein du PFCNO, Mathieu Jubinville, raconte qu’il a su rester lui-même durant les débats. « J’ai participé à d’autres parlements provinciaux au Manitoba, et j’ai gardé mon style de discours, qui repose sur des analogies et des explications bizarres. » Il prétend avoir apprécié découvrir l’existence d’un gouvernement de consensus aux TNO et au Nunavut.
 
Bulle parlementaire imperméable
Cinq projets de loi ont été débattus durant cette assemblée 2015 et seulement un a été adopté. Ainsi les lois concernant la prestation de serments d’office, l’interaction sociale, les politiques étrangères et l’appui aux Nations Unies, et le droit d’avoir des enfants n’ont pas reçu la sanction royale. Le projet de loi concernant la sécurité nationale et l’antiterrorisme a quant à elle été adopté à l’unanimité (fait assez rare selon certains parlementaires expérimentés). Mais comme l’explique Jacques De Moissac qui officiait comme chef de l’opposition, le PFCNO reste dans sa bulle. Il ne pense pas que les députés aient été influencés par l’actualité. « On se déconnecte vraiment de ce qui se passe dans le reste du monde et nous incarnons nos rôles au maximum. » L’adoption du projet de loi C4 au lendemain des attentats du 13 novembre, a toutefois été teintée d’un court hommage aux victimes parisiennes lors du discours de clôture de la ministre de la Sécurité, Janelle Deniset.
De Moissac assure que cette édition 2015 a été enrichissante du point de vue politique alors que les trois partis inventés cette année avaient des orientations de droite ou centre gauche sur le spectre politique. « Les députés sont affectés à un parti et le but est d’embrasser l’idéologie du parti, même si l’on n’est pas d’accord avec son orientation. Nous avons eu le droit à des débats très polarisés et c’est ce qui rend les procédures très drôles. Finalement, nous avons eu un gouvernement qui a accommodé les deux autres partis et tous sont sortis vainqueurs de ces procédures. »
 
Un point de vue extérieur
Accompagnateur des quatre premiers participants du Nunavut, Yoan Barriault n’a que des éloges à faire sur cette expérience francophone. « C’est un processus vivant, où les jeunes s’investissent dans leur communauté francophone. Une expérience de leadership telle que celle-ci fait qu’ils vont certainement s’impliquer dans leur milieu, se disant qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils peuvent faire une différence. » Ce qui a époustouflé l’enseignant de l’école secondaire d’Iqaluit, c’est la diversité et la répartie des accents francophones : « leurs discours sont bourrés de régionalismes et tout ce qu’ils disent a du sens. Ils se comprennent tous à travers ces procédures colorées, mais respectées et j’ai l’impression qu’il n’y a pas de barrière langagière pour personne. Peu importe leur niveau, j’ai vu des jeunes fiers de s’exprimer en français ». Selon lui, c’est cette construction identitaire qui est essentielle.
 
L’édition 2016 aura lieu à Victoria en Colombie-Britannique. Le Cabinet sera composé de Isabelle Cliche (CB, première ministre); Arielle Morier-Roy (MB, chef de l’opposition); Mathieu Jubinville (MB, chef du tiers-parti); Jacques de Moissac (MB, président); Katrina Leclerc (CB/MB, leader de la Chambre).
 
 


Tous les commentaires (1)

Écrit par Anonyme, 22 novembre 2015, 11 h 36
Merci beaucoup pour l'article. C'est essentiel que les événements francophones jeunesse aient de la visibilité dans les médias, ça aide à faire connaître les organismes qui les organisent et ça leur donne un contenu à soumettre aux bailleurs de fonds dans les rapports de projets. Une petite précision par rapport à la phrase suivante: « L’adoption du projet de loi C4 au lendemain des attentats du 13 novembre, a toutefois été teintée d’un court hommage aux victimes parisiennes lors du discours de clôture de la ministre de la Sécurité, Janelle Deniset. » Janelle Deniset a non seulement rendu hommage aux victimes des attentats terroristes à Paris, mais aussi aux victimes d'attentats terroristes et d'événements malheureux ailleurs dans le monde, comme au Liban et au Japon. Amber O'Reilly