Une croissance moins importante aux TNO : Données du recensement sur la population autochtone

17 janvier 2008
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La population autochtone au Canada a crû de 45 % entre 1996 et 2006 franchissant pour la première fois de son histoire le cap du million. La progression autochtone n’a pas été aussi marquée aux TNO avec une croissance de seulement 9 % au cours de la même période.

Les données du recensement de 2006 sur les peuples autochtones, dévoilées le 15 janvier, ont permis de chiffrer à 1 172 790 le nombre de personnes s’identifiant comme Autochtones, ce qui représente 3,8 % de l’ensemble de la population au pays. Dix ans plus tôt, les Autochtones ne représentaient que 2,8 % de la population canadienne.

Aux TNO, on a dénombré 20 635 Autochtones sur une population totale de 41 055 personnes lors du dernier recensement représentant ainsi une proportion de 50,3 %. En 1996, ils étaient 19 000 et constituaient 47,9 % de la population du territoire.

Sur la population autochtone vivant aux TNO, 61% s’identifie comme des Indiens d’Amérique du Nord, 20 % sont Inuits et 17 % sont Métis.

Un taux de natalité plus élevé et une plus forte propension pour plusieurs Canadiens à reconnaître leurs origines autochtones dans les dernières années expliquent cette croissance de 45 % de la population aborigène au pays depuis 1996.

Angelo Cocco, du Bureau de la statistique des TNO, affirme que cette dernière raison explique justement en bonne partie le grand écart de croissance entre les populations autochtones du Canada en général et celles des TNO.

« Dans les TNO, et probablement au Nunavut, les Autochtones ont toujours eu une très grande appartenance à leurs origines aborigènes. Dans le sud du Canada, je crois qu’il y a eu une perte de la connexion avec les origines aborigènes [par le passé], mais avec le temps, il y a eu une augmentation du penchant de nouveaux individus à s’identifier comme Autochtones. Ici, [cet accroissement] n’est pas aussi dynamique, car il y avait déjà une culture autochtone très vivante et très fière », a indiqué le statisticien.

Mais le facteur le plus significatif, selon M. Cocco, pour expliquer cette forte croissance de la population autochtone au pays est la plus grande participation des gens habitant sur des réserves indiennes au recensement de Statistique Canada. « Il n’y a qu’une seule réserve indienne aux TNO, à Hay River, et elle a toujours participé au recensement. Dans le sud du Canada en 1986, 136 réserves n’avaient pas participé au recensement. En 2006, il y en a seulement 22 qui n’ont pas participé. Donc, essentiellement, la pointe de tarte est devenue plus grosse simplement parce que les Autochtones vivant sur les réserves qui n’ont jamais été comptabilisés le sont maintenant », a-t-il ajouté.

La connaissance de la langue diminue aux TNO

Les données du recensement concernant la langue mènent à un constat troublant chez les populations aborigènes des TNO. En 2006, seulement 5 895 Autochtones sur les 20 635 qui ont été recensés, soit 28,6 %, disaient avoir une bonne connaissance d’une langue autochtone. Pire encore, seulement 2 510 personnes (12,2 %) disaient parler une langue autochtone couramment à la maison.

Ce phénomène s’observe surtout chez les plus jeunes alors que seulement 13 % des Autochtones ténois âgés de moins de 25 ans disent connaître une langue autochtone et 33 % chez les 25 à 44 ans. À l’opposé, chez les personnes de 65 ans et plus, une proportion de 77 % affirme maîtriser l’une ou l’autre des langues autochtones.

Les langues autochtones les plus parlées aux TNO sont le dogrib (1 945 parlants), l’esclave du Sud (1 285 parlants), l’esclave du Nord (830 parlants), l’inuktitut (755 parlants) et le chipewyan (390 parlants).

Au moment de mettre sous presse, il n’a pas été possible de recueillir les commentaires de leaders autochtones des TNO sur cette perte de vitesse de la langue dans la population aborigène.