École Boréale : Don’t kill the french school

18 février 2016
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C’est le cri du cœur des parents de l’école Boréale adressé au nouveau ministre de l’Éducation, Alfred Moses.
 

Le Comité d’action des parents (CAP) de l’école Boréale vient d’entreprendre une campagne de communication en anglais à l’intention du ministre de l’Éducation des TNO, Alfred Moses. D’après la porte-parole du CAP, Shelley Maher, ce sont une cinquantaine de lettres qui ont été adressées au nouveau ministre. Elles proviendraient des parents de l’école francophone, mais également de membres de la communauté de Hay River, la seconde ville en importance aux TNO. Ces correspondances soulignent l’importance de cet établissement au sein de cette ville de 3 725 personnes. L’importance également de continuer à offrir une éducation en français à ses résidents. Car, sans être défaitiste, ce comité de parents comprend bien que si la directive ministérielle instaurée en 2008 est maintenue, l’école Boréale fermera ses portes d’ici cinq ans.
« Ça me brise le cœur, d’avouer Shelley Maher. Cette année il y a une classe triple à l’école Boréale. Le système éducatif est habitué aux classes à deux niveaux, mais là, nos enfants sont dans une classe de maternelle, 1re et 2e année. Ça porte ombrage à l’avenir. Si la gestion reste telle quelle et que nous ne pouvons accueillir que des ayants droit, nous prévoyons que dans cinq ans, l’école pourra difficilement survivre. »
C’est depuis l’année scolaire 2008-2009 que le ministre de l’Éducation des TNO a imposé une directive ministérielle qui interdit à un nouvel élève de s’inscrire à un programme d’instruction en français langue première, à moins que cet élève soit admissible selon l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés ou que le ministre lui-même ait approuvé son inscription.
Shelley Maher s’interroge sur le double message envoyé par les gouvernements à la communauté de Hay River. D’un côté, le soutien et la promotion du bilinguisme et de la diversité culturelle pour les Jeux d’hiver de l’Arctique 2018 à Hay River et à Fort Smith, et de l’autre côté, une communauté francophone qui voit son développement atrophié par des décisions politiques.
Cette initiative du CAP est connue de la Commission scolaire francophone des TNO (CSFTNO), d’expliquer sa directrice. Yvonne Careen avance que c’est une démarche qui découle du refus de la Cour suprême d’entendre la cause des droits scolaires aux TNO en octobre 2015 : « Ce sont les parents maintenant qui ont le pouvoir de changer les choses. C’est aux parents de s’activer et de faire changer le gouvernement d’idée ». Puisqu’aucun autre programme d’instruction francophone n’existe à Hay River, les options pour qu’un enfant soit bilingue se limitent aux relations familiales. « Ces lettres reflètent les inquiétudes des parents et leurs besoins également », selon Careen, qui ajoute que la population de Hay River est beaucoup plus stable que celle de la capitale et que ces parents, qui sont soit originaires ou installés à Hay River, comptent sur cette école et envisagent de déménager, comme certains l’ont déjà fait, s’ils perdent l’occasion de voir grandir leurs enfants en français.
À l’heure de tombée, L’Aquilon n’a pas eu la chance de recueillir la réaction du ministre de l’Éducation. Ces lettres ont également été envoyées à la nouvelle ministre de Patrimoine canadien et aux deux députés ainsi qu’au maire et aux conseillers municipaux de Hay River.