David vainc Goliathd'un coup de diamant : Diamants

21 juillet 2000
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Le président-directeur général de la Winspear Diamonds Inc. ne mâche pas ses mots quand vient le temps de dénoncer ce qu'il considère comme une offre publique d'achat hostile de De Beers, la plus grande compagnie de diamants au monde. Randy Turner estime que l'offre de l'empire diamantaire est insuffisante compte tenu du potentiel du projet Snap Lake, situé à 230 km au nord-est de Yellowknife.

De Beers a annoncé le 26 juin dernier son intention d'acheter les actions ordinaires en circulation pour 4,25 $, soit le double de sa valeur à la bourse torontoise. Le résultat immédiat a été une course effrénée vers les actions, qui ont atteint une valeur de 4,70 $.

« Nous sommes à la veille d'être en mesure de fournir des nouvelles données grâce à notre programme d'exploration avancée qui est toujours en train de progresser », a souligné M. Turner. « L'offre ne tient pas compte du potentiel de l'exploration entière de la propriété. »

Il a également dénoncé les conditions présentées par De Beers lors de son offre d'achat. La compagnie a indiqué dans un communiqué de presse qu'elle voulait que Winspear se retire de son plan des droits des actionnaires, qu'elle ne conclue aucun contrat matériel ou d'accords et qu'elle n'émette aucune valeur. Finalement, Winspear aurait été obligé d'annuler des obligations d'une valeur de 20 millions de dollars qu'elle a récemment conclues.

« L'offre a été présentée de manière à mettre de la pression sur les dirigeants et les actionnaires de la compagnie à travers un mécanisme que nous appelons une offre non-sollicitée », a indiqué M. Turner. « De Beers a donné un délai de 21 jours, ce qui représente le plus bref délai accordé par la Loi sur les valeurs mobilières. Le conseil d'administration a été obligé de démontrer, sous pression, la valeur réelle de la compagnie à ses actionnaires. »

L'offre a été qualifiée d'opportuniste, coercive et conditionnelle, permettant à De Beers de mettre discrètement un terme à son offre. L'exclusion des actionnaires américains a également été citée comme facteur. Chez De Beers, les dirigeants de la compagnie ont indiqué qu'ils jugent leur offre satisfaisante. « Nous leur avons fait une offre équivalente à 77 pour cent de plus que le prix des options et 90 pour cent de plus que la moyenne de 20 jours sur ce prix », a souligné Tom Bearmore-Gray, le directeur adjoint de De Beers Canada Corporation. « Aucune condition soulignée dans notre offre ne sortait de l'ordinaire et aucune d'entre-elles ne présentait une entrave. »

Par ailleurs, Randy Turner a confirmé les rumeurs voulant que d'autres entreprises pourraient éventuellement présenter d'autres offres aux actionnaires. Des accords de confidentialité ont été signés, ce qui a empêché le P.-D.G. de dévoiler ses sources. Quant à De Beers, M. Bearmore-Gray a indiqué que sa compagnie ne compte pas présenter de nouvelle offre d'achat aux actionnaires de Winspear.