« Oui, mais... » : Développement économique

18 janvier 2002
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Le projet de construction d’un gazoduc longeant le fleuve Mackenzie pourrait très bien créer près de 6000 emplois dans les Territoires du Nord-Ouest. « Cependant, l’on doit s’assurer que ces emplois iront en premier lieu à des résidents du Nord », de faire savoir Bob Haywood, président de la Fédération des travailleurs et des travailleuses des territoires du Nord. Pour ce faire, ce regroupement de syndicats des T.N.-O. et du Nunavut demande la création d’un ministère du Travail pour les T.N.-O.

« La principale question à résoudre est la formation. Il faut que la main d’œuvre soit prête lorsque la construction commencera », de croire M. Haywood. Selon lui, le meilleur moyen d’arriver à cet objectif est de créer un ministère du travail indépendant des autres ministères et qui verrait à défendre les intérêts des travailleurs et à s’assurer que les résidents des T.N.-O. soient les premiers à avoir accès aux nouvelles opportunités d’emploi.

Selon M. Haywood, l’actuel ministère de l’Éducation, de la Culture et de la Formation comporte trop de chevauchements pour effectuer ce boulot de manière efficace. « Nous avons besoin de gens qui travaillent seulement sur le dossier des travailleurs pour s’assurer que leur formation soit assurée entièrement ici ». M. Haywood convient très bien qu’une collaboration entre les différents ministères serait nécessaire, « mais il faut un ministère distinct qui ferait les pressions requises sur les collèges, l’Assemblée législative, les entreprises et les syndicats».

Si les bonnes mesures ne sont pas prises, M. Haywood craint que lors de la construction du gazoduc, la majeure partie de la main d’œuvre provienne du Sud. « Si c’est le cas, les syndicats vont aussi venir du Sud. Les promoteurs diront que ce n’est pas parce qu’ils tiennent absolument à avoir des gens du Sud, mais qu’ils veulent simplement des gens qualifiés pour le type de travail. Si nous offrons la formation, je suis persuadé que nous pourrons aller chercher une bonne part des emplois » argue-t-il. M. Haywood croit que ce type de formation restera profitable pour d’éventuels projets à venir.

M. Haywood aurait aussi préféré que ce soit des gens des Territoires du Nord-Ouest plutôt que des multinationales qui soient impliquées dans les mégaprojets tels que les mines et le gazoduc. « Nous devons réglementer pour nous protéger. Dans le cas du gazoduc, les décisions seront prises à Houston ou Dallas et il ne restera que peu d’argent ici. Nous devons donc vivre avec les multinationales, mais nous devons aussi nous préparer en fonction d’elles pour ne pas les laisser partir avec tout ce que nous avons », lance-t-il.