Le GTNO a déposé un rapport portant sur le potentiel hydroélectrique des
Territoires du Nord-Ouest le 15 juin dernier. Selon le consultant et auteur
du rapport, Dave Morrison, le potentiel des T.N.-O. dépasse largement celui
de la baie James.
« Le Canada doit jouer un rôle de premeir plan et saisir cette chance
d'offrir une énergie verte », soutient le ministre des Ressources, de la
Faune et du Développement économique, Joe Handley.
« Effectivement, la production d'hydroélectricité ne nécessite pas la
combustion de combustibles fossiles, au même titre que l'utilisation de
l'énergie nucléaire », affirme la biologiste Julie Dahl, au ministère de
Pêche et Océans Canada. « La production d'hydroélectricité ne génère donc
pas d'émissions de dioxyde de carbone », ajoute-elle.
Il y a cependant plusieurs bémols. «Souvent, lors de la construction d'un
site hydroélectrique, les ingénieurs ciblent les endroits où le courant est
très fort pour y construire leur barrage », souligne Julie Dahl.
Selon elle, cela provoque de gros changements, surtout en ce qui a trait à
l'habitat des poissons. « En construisant un barrage près de rapides, on
modifie un réseau fluvial de type rivière à un réseau de type lac »,
explique la biologiste.
Une partie de la rivière est asséchée pour détourner le courant et le faire
passer dans les turbines générant l'électricité. « Certains poissons, comme
l'ombre de l'Arctique, ont besoin de ces systèmes fluviaux (rapides) pour
assurer leur survie », poursuit Julie Dahl.
Dave Morrison admet que la production d'hydroélectricité produirait des
débordements. Les rives de toutes les rivières seraient inondées et le
cours de certaines de ces rivières devraient être détournées. « Nous
n'allons pas inonder des centaines d'hectares comme cela s'est fait
ailleurs au pays », soutient-il toutefois.
Cependant, même de minimes inondations auront des répercussions sur
l'environnement.« Cela affecte la qualité de l'eau, et provoque la
métallation du mercure qui se transforme et peut être absorbé par la flore
et la faune sous-marine », affirme Julie Dahl.
« Jusqu'à quel point l'hydroélectricité est « verte » reste à déterminer.
S'ils veulent proposer des projets, ils devront nous présenter des données
et l'office rendra une décision », affirme Luciano Azzolini, de l'Office
d'examen des répercussions environ-nementales de la vallée du Mackenzie.
Le plus gros projet énuméré dans le rapport concerne le potentiel du
système fluvial du fleuve Mackenzie, dont la production est évaluée à 10
500 mégawatts. Advenant la réalisation de ce projet, des canaux permettant
aux bateaux de traverser le fleuve pourraient être construits », explique
Dave Morrison.
« Le fleuve Mackenzie est une route de migration importante pour les
poissons. Est-ce que le système de canaux est l'idéal ? », se demande Julie
Dahl.
« On ne doit pas rejeter du revers de la main le développement du potentiel
hydroélectrique des T.N.-O., mais des études sur les répercussions
environnementales semblent nécessaires », conclut Luciano Azzolini.