Agriculture : Deux projets majeurs pour le Nord

18 juin 2009
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Les terres sont bonnes au sud du Grand lac des Esclaves, les serres de Paradise Garden illustrent une activité agricole depuis plusieurs décennies dans la région. (Photo ; Françoise Jaussoin)

Les terres sont bonnes au sud du Grand lac des Esclaves, les serres de Paradise Garden illustrent une activité agricole depuis plusieurs décennies dans la région. (Photo ; Françoise Jaussoin)

Deux projets innovateurs seront mis en place cet automne à partir de Hay River. Evellyn Coleman, directrice adjointe de l’Association des agriculteurs des TNO (Territorial Farmers Association), dévoile une stratégie de développement de la formation agricole.

« Nous planifions des sessions avec le collège Aurora pour former des enseignants aux techniques agricoles, afin qu’ils aillent ensuite dans les collectivités pour former des personnes et développer des projets agricoles locaux. »

La gamme des projets peut être composée des besoins de ceux qui souhaitent ouvrir des jardins communautaires, comme de ceux qui voudraient avoir une petite activité agricole commerciale.

« Les sessions de formation auront lieu à Inuvik, Yellowknife, Hay River et Fort Smith », poursuit Mme Coleman, qui rappelle par la même occasion que l’agriculture a une longue histoire dans les TNO.

« Autrefois, il fallait compter sur ses propres ressources pour vivre, dit-elle. C’est pour ça qu’il y avait des producteurs de fruits et légumes et de l’élevage dans les communautés du sud du Grand lac des Esclaves et le long du Mackenzie jusqu’à Inuvik. Il y a eu, par exemple, de l’élevage de bétail à Aklavik! Mais avec le développement des moyens de transport, les fermes sont peu à peu tombées dans l’oubli. »

Ce premier projet cherche donc à répondre à la question suivante : comment produire à nouveau localement et dépendre moins du transport pour se ravitailler en produits alimentaires? La formation semble être une étape fondamentale pour susciter un intérêt territorial. L’association souhaite, en effet, motiver les habitants des TNO à prendre en charge une production locale, à retrouver le goût de manger des produits de saison. Ces objectifs émergent dans une période où est remis en question le coût de transport qui influence le prix des denrées importées ici.

Le deuxième projet dépasse les limites des TNO subarctiques puisqu’il s’agira d’une coopération avec la Nunavut Harvesters Association. « Nous désirons mettre en place une classe d’agriculture pour les enfants de l’âge de 5 ans à la 3e année, poursuit Mme Coleman. Nous allons préparer un conteneur dans lequel il y aura tout ce qu’il faut pour démarrer un petit jardin avec de la terre, des graines, des outils, des histoires, des idées d’activités agricoles. Ce conteneur circulera dans les communautés intéressées. Quand il aura servi dans un endroit, on nous le renverra pour qu’il soit rempli puis envoyé vers une autre communauté. Ce projet pilote doit commencer après la rentrée des classes. »

Rien d’étonnant à constater que l’Arctique est prêt à accueillir une telle initiative. Inuvik a des jardins communautaires sous serre et le Nunavut pourrait s’inspirer de ce genre de réalisation à moyen terme. Comme le déclare Mme Coleman, « j’ai assisté à une conférence sur les changements climatiques au début des années 2000, et j’ai entendu que le Nord canadien est la future ceinture agricole du pays. »

Mais, déjà, en 1992, le Yukon a pris de l’avance en créant la première Conférence agricole circumpolaire, qui a lieu depuis ce temps-là tous les trois ans. La prochaine édition sera accueillie par la Norvège en 2010, et Mme Coleman espère bien que les TNO seront présents cette fois-ci.