Le restaurant français L'Héritage n'en est qu'à ses premiers balbutiements,
à peine deux ans d'existence, et le voilà l'unique établissement des
Territoires du Nord-Ouest à recevoir la mention deux étoiles, selon le
guide Where to eat in Canada d'Anne Hardy !
Quel est donc le secret du chef Pierre LePage ? « Ça prend bien de
l'argent, de la recherche et de précieux contacts », avoue celui qui
possède une collection de légumes miniatures et organiques ! « Je les
commande en provenance des États-Unis trois semaines à l'avance », explique
le chef.
Même la toile mondiale vient à sa rescousse lorsqu'il s'agit de trouver de
précieux aliments et de remplir les petits ventres pour mieux vider les
portefeuilles de ses clients ! « Je commence ma 35e année avec le ventre
bien rond », signe Susan, la première à avoir apposé sa griffe dans le
livre du chef le 20 octobre 1999. « Je finis ma 53e année avec le
portefeuille vide », d'ajouter son mari Claude, un Français originaire de
Dijon qui est tout de même revenu à l'Héritage en signant cette fois :
« encore plus vieux, encore plus pauvre ! »
D'ailleurs, le guide Where to eat in Canada, indique : « Il est impossible
de servir de tels mets au bout du monde sans que cela ne coûte un bras et
une jambe. C'est ce que fait le chef Pierre ! ». Dans le livre d'Anne
Hardy, l'Héritage se classe parmi les 57 restaurants qui, à l'échelle
canadienne, ont obtenu deux étoiles.
Anne Hardy ne s'annonce pas, elle se pointe à l'improviste aux restos qui
lui sont suggérés par des gens et elle déguste.
« C'est l'un des rares guides qui traite du Nord. Ici, nous sommes trop
loin de tout, c'est dur de les convaincre de venir jusqu'ici », avoue
Pierre qui n'a qu'un seul souhait, obtenir trois étoiles l'année prochaine !
Il continuera donc d'apprêter le gibier avec ses herbes fraîches et ses
baies sauvages, tout en se préparant à représenter le Canada, à Santa Cruz,
Bolivie, où il devra préparer un buffet de l'Arctique pour 25 personnes
(avis à d'éventuels commanditaires).
N'ayez crainte, il ne compte pas disparaître. « Il n'y a qu'au Nord que je
puisse terminer ma journée de travail à 11 h le soir et aller faire de la
voile ! », ajoute le chef en souriant.