Société canadienne des grands brûlés : Deux Québécois au cœur de l’océan Arctique

04 juillet 2013
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Les pompiers Québécois Sébastien Lapierre et Olivier Giasson parcourront le passage du Nord-Ouest en kayak tandem au cours des prochains mois. Ils partiront de Tuktoyaktuk pour se diriger à Igloolik. (Crédit : Rêve de glace)

Les pompiers Québécois Sébastien Lapierre et Olivier Giasson parcourront le passage du Nord-Ouest en kayak tandem au cours des prochains mois. Ils partiront de Tuktoyaktuk pour se diriger à Igloolik. (Crédit : Rêve de glace)

Sébastien Lapierre et Olivier Giasson tenteront de traverser le passage du Nord-Ouest en deux mois, à l’aide d’un kayak de mer conventionnel tandem.

Sébastien Lapierre et Olivier Giasson sont deux collègues de la profession de pompier pour la ville de Québec depuis quelques années. Ces derniers vivront une expérience hors du commun dans les prochaines semaines alors qu’ils braveront le passage du Nord-Ouest en kayak tandem.
Ils n’en seront pas à leur première expédition. En 2010, ils ont fait du ski pendant un mois en totale autonomie sur les glaces du Groenland.
Rejoint par téléphone, Monsieur Lapierre témoigne de sa passion pour le plein air, qu’il pratique tant l’hiver que l’été : « J’aime beaucoup l’hiver comparativement à bien du monde qui visite les pays chauds, moi je suis plus du genre à aller vers le Nord. »


Projet à deux
« Nous faisons tout le temps ça juste nous deux, préparons tout de A à Z, c’est une petite équipe minimale, mais des fois, ça évite des conflits d’intérêts lorsque vient la prise de décisions importantes », confie Sébastien Lapierre. D’ailleurs, ces derniers préparent leur voyage depuis leur retour du Groenland en 2010.


Traversée du passage du Nord-Ouest
Les deux hommes partiront de Tuktoyaktuk où ils se rendront jusqu’à Igloolik, soit de l’Ouest vers l’Est.
Ils procéderont aux périodes de ravitaillement dans chaque village qu’ils croiseront, tels que Paulatuk, Kugluktuk, Cambridge Bay, Gjoa Haven, Toloyoak ainsi qu’Igloolik. Au total, ce sont plus de 3500 kilomètres qui seront pagayés dans une période moindre de 80 jours pour éviter la reprise de la formation des glaciers. Les deux sportifs quitteront leur province le 15 juillet pour être prêts à commencer leur longue et périlleuse aventure le 18.
« La prochaine expédition, on s’était dit que l’on allait faire ça dans notre pays ». Voilà la principale raison pour laquelle Messieurs Lapierre et Giasson emprunteront le passage du Nord-Ouest. « Dans les dernières années, il y a eu beaucoup de médiatisation du passage du Nord-Ouest avec toute la géopolitique », précisant qu’ils attribuent à cet « endroit », le côté mythique et imprévisible, mais qu’ils y voient aussi un grand défi à relever.

Une idée derrière la tête
Les deux sportifs pagayeront les 3500 kilomètres pour la Fondation des pompiers du Québec pour les grands brûlés, qui vient en aide aux individus ayant vécus de graves brûlures par le feu ou des brûlures chimiques ou électriques. « Nous, en étant pompiers, nous sommes très liés à cette cause-là et nous nous sommes dit pourquoi ne pas en profiter pour ramasser des fonds? » Ainsi, ils sollicitent la participation du public à commanditer chaque kilomètre parcouru au coût de cinq dollars. Monsieur Lapierre confie espérer accumuler la somme de 17 500 dollars à la fin du périple qui s’échelonnera jusqu’au début octobre. Cependant, il laisse savoir que si tout va bien, le 30 septembre, l’aventure nordique devrait avoir pris fin.


Suivre l’évolution
Les personnes intéressées à retracer les deux hommes en kayak pourront le faire, car ceux-ci disposeront d’une balise Inreach, qui sera liée à un téléphone intelligent, donnant une couverture satellite grâce à laquelle ils seront en mesure de faire des mises à jour sur Facebook et d’envoyer des messages. Sébastien Lapierre et Olivier Giasson ont un site web (www.revedeglace.ca) sur lequel il sera possible de les suivre.


Éventuels obstacles
Sébastien Lapierre parle de la « peur » de l’ours : « Notre plus grosse crainte c’est vraiment les ours, c’est l’aspect imprévisible de la chose ». De plus, il discute de l’éventualité que les glaces se reforment avant leur point d’arrivée, mentionnant qu’ils n’auraient aucun autre choix que de mettre fin à leur périple. Ils gardent à l’esprit qu’il y a possibilité que cela se produise et envisagent d’influencer leurs choix par les commentaires des gens des villages qu’ils visiteront. « C’est sûr que c’est toujours très décevant d’avoir planifié une expédition et ne pas se rendre à la fin». Ils feront des journées de huit à neuf dans les eaux de l’océan Arctique.
Monsieur Lapierre confie que son ami et lui entrevoient leur voyage comme « rempli de surprises », avisant qu’elles pourront être bonnes ou mauvaises.


Sécurité avant tout
Les deux pompiers ont une approche assez minimaliste en ce qui a trait à leur équipement et priorisent l’aspect sécurité. Comme il s’agira de la plus longue expédition pour le couple d’amis, leurs proches sont habitués et savent qu’ils ont besoin du petit « plus » qu’ils vont chercher en excursion. Cependant, ils sont rassurés de savoir que les deux hommes seront dotés d’un meilleur équipement qu’auparavant.