Film de genre : Des réalisateurs monstres

25 février 2016
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Plan hors-scène du film Copper Hill Trail (Courtoisie CM)

Plan hors-scène du film Copper Hill Trail (Courtoisie CM)

Deux mois, sans cachet, moins de 10 minutes, horreur, fantastique ou science-fiction,  le festival de courts-métrages Dead North impose ses règles et devient une véritable usine à films du Nord.
 
Avec 33 projets de courts-métrages inscrits à la compétition, 29 qui seront présentés sur grand écran et 17 admissibles à recevoir un des trophées Zombear, la 4e édition du festival Dead North inspire les résidents du Nord. Carole Musialek, une des participantes du festival 2016, se dit que Yellowknife offre la possibilité de faire beaucoup sur le plan créatif et que dans une ville du Sud, elle ne serait pas autant sollicitée à s’exprimer, que ce soit dans la photographie, la peinture ou la vidéo de genre. C’est en se laissant inspirer qu’elle et son amie Valérie Gamache décident de présenter leur premier court-métrage au festival. Dans la catégorie horreur, elles produisent Copper Hill Trail, l’histoire d’une randonnée hivernale qui tourne au carnage. « C’est parce qu’on a eu une idée! raconte la réalisatrice. L’été dernier, Valérie et moi marchions en forêt et nous avons perdu les rubans qui indiquent le sentier. Valérie a pensé que ce serait une bonne intrigue pour un film d’horreur si quelqu’un changeait les rubans de place pour dérouter les marcheurs et les tuer dans une cabane. Et c’est parti de là. À Noël, on s’est demandé si l’on voulait vraiment le faire et nous nous sommes inscrites en janvier. »
Pour l’équipe de production, Gamache et Musialek ont cherché parmi leurs amis et ce fut idem pour la distribution des rôles. « Je faisais la caméra, Batiste, la prise de son, et Valérie, la réalisation. Yves a fait la musique et Patrick l’affiche. Ce sont nos amis et collègues qui jouent dans le film. »
Carole Musialek a bien aimé l’expérience et serait prête à refaire un film l’an prochain si elle a une idée. Cette expérience créatrice lui a ouvert les yeux sur la complexité de réaliser des films. « Maintenant, je comprends pourquoi dans un film, le générique dure si longtemps avec des centaines de noms. Alors que là, nous avons tout fait à deux ou trois. Et c’est incroyable tout ce qu’il y a faire. » Elle est reconnaissante de la structure imposée par ce festival septentrional : « Nous avions des tâches à faire avec certains impératifs. L’écriture du script, le tournage et finalement le montage. C’est tout un processus à penser et concrétiser : les acteurs, les lieux de tournages... le froid, car on tourne en janvier et février. J’ai vraiment découvert que c’est un travail de fou. Donc tout était par étape, et c’était motivant et essentiel à la réussite du projet ».
Même si elle ne compte pas devenir réalisatrice, Musialek sait maintenant mieux se servir des outils pour faire un film : elle possède un appareil photo qui lui permet d’avoir une qualité vidéo adéquate, elle comprend les étapes de la prise de son et sait faire le montage sur un logiciel. Elle dit vouloir mettre à profit ses nouvelles aptitudes pour faire des petits projets artistiques.
Meagan Wohlberg qui est la directrice du festival dit que chaque année, cet évènement devient de plus en plus important, alors que les inscriptions proviennent de nouvelles collectivités des trois territoires. « Avec des réalisateurs et des réalisatrices autochtones, francophones et anglophones, il y a de plus en plus de diversité parmi les équipes qui participent au festival. » Elle clame aussi que l’intérêt au sein du marché du court-métrage se développe de plus en plus. Car pour les organisateurs du festival, le but n’est pas seulement de créer des courts pour le festival, mais d’étendre les aptitudes des résidents du Nord à faire des films de qualité pour qu’ils puissent ensuite s’exporter vers d’autres festivals. Au début février, Jay Bulkheart et Pablo Saravanja ont présenté leur film Conibear au festival du Court Métrage de Clermont-Ferrand, en France. À l’origine, ce film avait été conçu pour être présenté au festival de genre de Yellowknife en 2013. Depuis les trois éditions du festival, ce sont trois films produits pour Dead North qui ont été acceptés et projetés sur les écrans de festivals de films d’horreur de New York ou le festival Fantasia de Montréal.
Les films acceptés au festival 2016 seront projetés à la salle de cinéma Capitol à Yellowknife, le 26 et 27 février, et également au festival du Snowking, le 16 mars. Durant le festival, plusieurs ateliers sur la production de films sont offerts au public et aux amateurs.