Éditorial : Des panses à remplir

12 février 2015
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En lisant les faits saillants du dernier budget territorial, on pourrait s’étonner que le ministre annonce un excédent budgétaire de 147 millions d’un côté, mais annonce ensuite son intention de demander à Ottawa la permission d’accroître sa marge d’emprunt qui est fixée actuellement à 800 millions de dollars.
Le problème de marge de manœuvre financière ne surgit non pas tant en raison des dépenses de fonctionnement du gouvernement, mais plutôt en raison de ses projets d’investissement en infrastructure.
En effet, si le gouvernement décide de construire une route de 100 millions de dollars, la dépense sera amortie sur quelques décennies : la dépense d’amortissement pouvant être de l’ordre de quelques millions seulement par année. Par contre, les sous-traitants qui feront les travaux de construction exigent d’être payés immédiatement, selon des échéanciers préétablis, et le gouvernement a besoin de cette marge d’emprunt pour ce type de projets.
Un autre aspect du budget qui irrite un peu les Ténois concerne la volonté du gouvernement d’attirer plus de 2 000 nouveaux résidents. Une telle augmentation engendrera de la croissance économique artificielle et aussi une croissance de la subvention fédérale qui repose sur le nombre total de la population.
Le gouvernement ne cherchera pas à augmenter sa population en attirant des chômeurs, mais plutôt en attirant des gens ayant une richesse personnelle et aptes à investir dans le Nord, ou des gens ayant des compétences professionnelles. Certes, cette augmentation aura des conséquences sur la demande en matière de service à la population (écoles, hôpitaux, etc.), mais le gouvernement y trouvera son compte avec les impôts perçus et avec les subventions du fédéral liées au niveau de la population, le tout aidant à nourrir son appareil étatique.
Pour le gouvernement, cette approche est hautement plus prometteuse que de simplement se fier au haut taux de natalité de sa population locale. Cette augmentation est trop lente et, surtout, elle demande plus d’investissements gouvernementaux en services pendant les années de jeunesse. C’est sans compter que le haut taux de natalité se fait au sein de communautés relativement pauvres et sans espoir de progression économique.
Personnellement, je serais enclin à appuyer une augmentation de la taxe sur les salaires si cette dernière taxe était entièrement reversée aux résidents locaux. Cela encouragerait probablement certains travailleurs à venir s’installer ici. Ils épargneraient un peu moins d’argent, mais leurs impôts serviraient à appuyer nos programmes plutôt que ceux des provinces du Sud.