Éditorial : Des leçons à tirer

28 janvier 2016
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Comme plusieurs d’entre vous, j’ai été touché par le drame survenu dans la petite communauté chipewyan de La Loche en Saskatchewan. J’ai suivi l’histoire tant par les médias traditionnels que par les médias sociaux.
Je n’ai entendu qu’un seul commentaire pertinent par rapport à ce drame. Mais j’ai entendu bien des exagérations et des erreurs sur les leçons à tirer de ce drame.
Commençons par les erreurs de lecture. J’ai vu passer sur Facebook des commentaires à l’effet que la tragédie de La Loche démontrait la nécessité d’un registre des armes à feu. Pas du tout! Mettons une chose au clair, je suis en faveur du registre. J’enregistre mon chien, mon char, ma roulotte, mon bateau, etc. Alors je ne vois pas de problème à enregistrer mon fusil. Même si le tueur avait enregistré son arme à feu, ça ne l’aurait pas empêché de l’utiliser. Ce drame n’a rien à voir avec la problématique du registre des armes à feu.
Dans bien des dossiers, la réponse des conservateurs est d’accroître le nombre de policier ou de prison. Ce serait une erreur de penser qu’un policier supplémentaire dans cette petite communauté aurait fait une différence. Les policiers présents étaient suffisants pour appréhender le meurtrier.
J’ai entendu un commentaire qui cernait très bien le problème. C’était un commentaire d’un proche parent de l’enseignante qui a été tuée. Attristé par le drame qui avait coûté la vie à sa cousine, le jeune homme a rapidement brossé un tableau sombre de la situation sociale à La Loche : chômage, suicides, abus de toute sorte, violence familiale et conjugale.
Et c’est là à mon avis la principale leçon à tirer de ce drame. Plusieurs communautés autochtones sont aux prises avec les séquelles des écoles résidentielles qui se perpétuent de génération en génération. Le jeune tueur était suicidaire depuis un bon moment et son geste n’était pas des plus surprenants.
Autre leçon à tirer : quand une personnes est aux prises avec des pensées suicidaires, ses proches et ses amis devraient s’assurer qu’aucune arme à feu n’est aisément disponible. Selon des études, les pensées suicidaires vont et viennent. Rendre difficile l’accès à des armes à feu ajoute un délai supplémentaire entre la pensée suicidaire et le passage à l’acte. La même logique s’applique à un jeune de 17 ans, suicidaire, qui décide de partir avec un Bang.
On ne saura éviter tous les drames, mais il faut maintenant s’attaquer à la racine du problème (la condition sociale du jeune qui suscite ces pensées suicidaires) et s’attaquer au rangement sécuritaire des armes à feu.
 


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Écrit par Anonyme, 29 janvier 2016, 08 h 52
étant donné l'âge du tueur comme vous dites, il y a peu de chance qu'il aurait pu enregistrer cette arme (1er obstacle)