Programmes pour les communautés francophones : Des consultations dès l’été prochain

11 février 2016
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En campagne électorale, Justin Trudeau n’avait pas toutes les réponses. Comme premier ministre, il entend demeurer à l’écoute. Le voici accompagné du premier ministre Brian Gallant du Nouveau-Brunswick et du leader du gouvernement aux Communes, Dominic LeBlanc. (Photo : Acadie Nouvelle)

En campagne électorale, Justin Trudeau n’avait pas toutes les réponses. Comme premier ministre, il entend demeurer à l’écoute. Le voici accompagné du premier ministre Brian Gallant du Nouveau-Brunswick et du leader du gouvernement aux Communes, Dominic LeBlanc. (Photo : Acadie Nouvelle)

Le premier ministre s’est engagé à écouter les Canadiens et depuis l’élection du 19 octobre, il redéfinit la gouvernance fédérale. Son approche contraste radicalement avec celle son prédécesseur.
« Stephen Harper était très diviseur, explique Roland Marcoux, expert-conseil en gouvernance. Les conservateurs disaient : on s’est fait élire pour gérer l’économie et voici ce qu’on a décidé. Et ils le faisaient. Qu’on ait une opinion ou non, ils ont tranché dans bien des programmes.
« Le message de Justin Trudeau a été : on va vous remettre votre Canada. Ses ministres n’ont pas peur de sortir de l’information, note Roland Marcoux. Pour eux, la recherche et les pratiques améliorées sont importantes. Ils veulent être transparents : voici où on veut aller et voici comment on va consulter. Comme citoyens, on veut du leadership et de la consultation. »
Qui est consulté? Les provinces, villes, experts, groupes de pression et/ou la population, selon qu’il soit question de santé, du climat, d’aide médicale à mourir ou de marijuana, de réforme démocratique ou de langues officielles. Et comment consulter?
Selon Roland Marcoux, « l’éducateur Justin Trudeau sait que chaque projet demande un processus différent. Ça dépend des questions et des intervenants. On veut les impliquer pour avoir leur engagement, un consensus pour avancer. Si tu ne mets pas des balises, tu vas obtenir n’importe quoi. »
La perception de la consultation est importante, insiste l’expert-conseil manitobain. Pour partir dans les meilleures conditions, « on peut faire une consultation préliminaire dans le but d’établir la crédibilité du processus ».
Comment le gouvernement libéral va-t-il consulter en matière de langues officielles? Des premiers indicateurs laissent perplexe, avec la nomination d’un président unilingue au Sénat et le refus des libéraux d’appuyer le bilinguisme officiel à Ottawa. Le gouvernement tiendra l’été prochain des consultations sur la création d’un nouveau plan d’action pour 2018.
« Dans les communautés francophones, souligne Linda Cardinal, on n’a pas pu parler de notre développement pendant dix ans. Il y avait de la transparence du côté des groupes, mais pas du gouvernement. Pourtant, il y a une obligation de consulter dans la loi. Avec Stephen Harper, la consultation se faisait de façon très expéditive.
« Les attentes sont très grandes, conclut la politicologue. Les groupes n’ont pas de pouvoir politique. En matière de langues officielles, il faut que la force normative soit très claire. »