Éditorial : Des changements s’imposent

08 mai 2014
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À la lecture du rapport du vérificateur général sur l’agence CanNor du ministère des Affaires autochtones et du développement du Nord canadien, il ne fait aucun doute qu’un remue-ménage s’impose.
Quand on voit que de nombreux hauts fonctionnaires de l’agence habitent toujours à Ottawa, il est clair que le changement doit être imposé de l’extérieur. On voit difficilement les titulaires de ces postes décisionnels se battre férocement pour chambouler leur belle petite vie bien remplie dans la capitale nationale pour s’exiler vers les confins nordiques du Canada. Qu’on le veuille ou non, il y aura toujours une bonne raison pour retarder l’inévitable, c’est dans la nature humaine. Il faut que ce changement soit dirigé de l’extérieur de ce cercle décisionnel restreint.
Il n’est pas inutile de rappeler que sans habiter le Nord, les décideurs n’auront jamais une idée complète des besoins du Nord dans son développement. Malgré les avancées énormes dans les moyens de communication, vivre sur place offre une perspective directe sur la population locale et ses besoins.
C’est un peu plus difficile de cerner la question de l’ingérence politique. Oui, le siège social a été établi dans la capitale d’où est originaire Mme Aglukkaq. De toute façon, le choix devait se faire entre les trois capitales incluant aussi Yellowknife et Whitehorse. On peut parler de choix politique, tout comme on peut dire que ce choix constitue un retour du balancier par rapport à tous les choix antérieurs qui privilégiaient Yellowknife et Whitehorse.
C’est certain que les coûts sont plus élevés à Iqaluit, mais on a l’habitude de ça dans le Nord. Les coûts sont aussi plus élevés à Yellowknife qu’à Whitehorse et plus élevés à Whitehorse qu’à Ottawa.
À mon avis, on ne peut reprocher le choix d’Iqaluit, mais la réponse du gouvernement devra certainement s’attarder à la situation particulière d’Iqaluit pour sa recherche de solutions à long terme.