Bill Erasmus déçu de la position du Canada : Déclaration de l’ONU pour reconnaître le droit des Autochtones

21 septembre 2007
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Le chef de la Nation dénée Bill Erasmus s’est dit surpris et désappointé de voir que le Canada a voté contre la déclaration adoptée par l’Organisation des Nations Unies (ONU) le 13 septembre, reconnaissant pour la première fois les droits des peuples indigènes du monde entier.

Présents à New York la semaine dernière, Bill Erasmus et quelques autres leaders autochtones canadiens ont tout tenté pour changer la position du Canada dans ce dossier. Dans un moindre mal, ils ont essayé de convaincre les représentants canadiens à l’ONU de s’abstenir lors du vote, mais sans succès.

« Comme le Canada, la Russie avait voté contre la motion lors d’une rencontre sur les droits de la personne en juin, mais ils ont revu leur position et se sont abstenus lors du vote [de la semaine dernière]. Nous espérions que le Canada fasse la même chose », a expliqué Bill Erasmus.

Malgré l’opposition du Canada, des États-Unis, de l’Australie et la Nouvelle-Zélande, la déclaration fut tout de même adoptée par la grande majorité des pays membres de l’ONU. Onze pays se sont abstenus.

M. Erasmus indique que cette motion est très significative pour les peuples indigènes de partout dans le monde, car elle leur garantit un statut égal à toutes les autres nations.

« Dans la déclaration universelle de 1948, il n’y avait pas de référence spécifique aux peuples autochtones et leur droit à l’autodétermination », a soutenu le chef de la Nation dénée.

Ce dernier rejette l’affirmation que cette récente déclaration se veut avant tout symbolique. « C’est plus qu’un symbole. C’est quelque chose que les nations doivent suivre et ça reconnaît que les traités faits au fil des années, comme les traités 8 et 11 ici, sont valides et doivent être mis en application. Donc, des pays comme le Canada ne peuvent plus les ignorer », a-t-il révélé.

Même si le Canada a voté contre la résolution onusienne, il croit que le pays n’a pas le choix de s’asseoir à la table avec les leaders autochtones pour en arriver à une entente.

Revirement de situation

Bill Erasmus a noté un important revirement de situation dans la position canadienne à l’échelle internationale depuis que les Conservateurs ont été élus au pouvoir en janvier 2006.

« À l’ONU, ils nous supportaient auparavant. En fait, beaucoup de travaux ont été faits par le Canada. Il a pris les devants et certains articles de la déclaration ont même été écrits par le Canada. […] Mais avec ce revirement, le pays n’est plus vu comme un meneur sur le plan international en ce qui a trait aux droits des peuples indigènes », a-t-il signalé.

M. Erasmus a donné aussi l’exemple du conflit en Afghanistan en expliquant que le Canada, qui a longtemps été reconnu dans le monde pour promouvoir le maintien de la paix, est maintenant en guerre.

La semaine dernière, le nouveau ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien, Chuck Strahl, avait justifié la position du pays à l’ONU en indiquant que la déclaration portait à confusion et entrait en conflit avec l’actuelle Charte des droits et libertés, qui garantit déjà plusieurs droits aux Autochtones.