Éditorial : De routes et de ponts

30 octobre 2014
0 Commentaire(s)


Ça fait 25 ans que j’entends parler de la route du Mackenzie. Le seul tronçon qui s’est ouvert est celui reliant Fort Simpson et Wrigley. Il s’agit d’une route permanente, bien que le traversier à N’dule cesse en octobre et ne reprenne qu’en avril ou mai. C’est dire que la route est tout de même impraticable près de trois mois par année.
Quand ce tronçon a été ajouté, on s’attendait à ce que le reste de la route suive. Depuis ce temps, il y a eu des travaux sur des ponts entre Wrigley et Tulita (notamment sur la rivière Blackwater), mais il reste encore beaucoup à faire avant que la route puisse être achevée.
L’avantage de ces retards, c’est que la route du Mackenzie se retrouvera encore au milieu du grand plan de développement des infrastructures de transport du gouvernement territorial. Et je suis prêt à parier que la route du Mackenzie sera encore un axe important de la future stratégie dans 25 ans.
Dans ces stratégies, on se demande parfois quel est le véritable impact des développements routiers. Le premier impact n’est pas négligeable. En effet, la construction elle-même entraîne la création de quelques d’emplois, même quand les contrats sont accordés à des firmes extérieures. À plus long terme, le développement routier ouvre la région au développement, notamment au développement des ressources naturelles.
Il y a aussi la diminution du coût de la vie dans les collectivités reliées par une route. Quand les aliments périssables doivent parvenir par avion plus de la moitié de l’année, ça devient cher de nourrir convenablement sa famille. Et comme je l’ai remarqué, l’agriculture, même à petite échelle, n’est pas encore une activité très répandue dans ces collectivités.
Mais il y a aussi des conséquences néfastes. Prenons le village de Wrigley. Avant, il y avait une épicerie Co-op qui gérait aussi un petit motel et un petit restaurant. Après l’ouverture de la route, plusieurs habitants du village ont commencé à se rendre à Fort Simpson, là où il y a un magasin d’alcools. Et pendant qu’ils y étaient, ils en profitaient pour faire une épicerie puisque les frais de transport de la nourriture y sont moindres. La petite épicerie, le motel et le restaurant de Wrigley sont maintenant fermés. Il n’y a maintenant qu’un petit dépanneur pour s’y acheter des chips et des boissons gazeuses. Oh, et la boisson circule allègrement dans le village.
À mon point de vue, ce petit village a régressé depuis l’ouverture de la route et ça, c’est un élément dont il faudra tenir compte quand se discuteront les autres développements du réseau routier.