Rencontre annuelle des membres de la North Slave Metis Alliance à Old Fort Rae : De la bannick sur la planche

05 juillet 2002
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Le 29 et le 30 juin dernier, la North Slave Metis Alliance, représentant les Métis de la rive nord du Grand Lac des Esclaves, a tenu sa réunion annuelle à Old Fort Rae. L’Alliance a pu y débattre avec ses membres de l’orientation des différents dossiers qui l’occupent.

Parmi les dossiers qui ont tenu en haleine les quelque soixante participants, on retrouve principalement le développement économique, les revendications des droits territoriaux et la survivance de la culture.

C’est avec des représentants du secteur minier que des projets de développement économique ont été exposés aux membres. Par le biais de son organisme économique, la North Slave Holdings Company, l’Alliance a fait part de sa collaboration avec les mines de BHP et de Diavik. Ces dernières ont résolu d’octroyer aux Autochtones des emplois, sur la base de leur occupation ancestrale du territoire d’exploitation minière. « Les Métis de la région ont réussi à se positionner en tant que groupe d’employés privilégiés pour les mines. En cinq ans, notre organisme est passé de 1 à 95 employés, et ça continue » commente Clem Paul, président de l’Alliance. L’Alliance a souligné qu’il n’y a pas de conflit en perspective avec les autres groupes autochtones concernant l’octroi d’emplois par les mines. « Il est évident que nous avons moins d’attention que les Dogribs de la part des mines, mais nous comprenons que notre situation économique et sociale, au départ, est plus confortable que ceux-ci. » a rajouté M. Paul.

D’autre part, l’Alliance a traité des nombreux processus juridiques qu’elle a engagés relativement aux revendications territoriales. Sur ce point, l’Alliance est notamment en conflit avec les Dogribs. « Nous tentons de bloquer les revendications dogribs tant que nous n’avons pas l’assurance qu’elles ne compromettent pas les droits des Métis de la région » résume Janet Hutchinson, conseillère juridique de l’Alliance. L’Alliance doit aussi se défendre d’accusations portées à son endroit par un groupe de 80 anciens membres expulsés de l’organisme. Le conseillé juridique Austin Marshall commente : « Un groupe de personnes a rempli des déclarations stipulant qu’ils sont membres de l’Alliance, dans le but de bénéficier des droits qu’elle revendique. Nous devons démontrer qu’ils ont déclaré à tort qu’ils pouvaient êtres admissibles au statut de membres de cet organisme ». En dernier lieu sur le plan juridique, l’Alliance a présenté ses dernières études historiennes sur l’occupation métisse de la région. Ces études appuieront à l’avenir les démarches de revendications sur le territoire ancestral visé par l’Alliance.

Sur le plan culturel, cette rencontre se voulait hautement symbolique. Old Fort Rae est le lieu où les membres les plus âgés de notre communauté sont nés et ont grandi.Chargés d’émotion, les Métis se sont recueillis au cimetière de leurs ancêtres, alors que les plus âgés racontaient leurs souvenirs d’enfance à l’assistance. Cette cérémonie faisait suite à une messe catholique célébrée en anglais, en français, en michif, en esclave du nord et en dogrib et présidée par le Père Guy Lavallée, Métis manitobain de renommé invité pour l’occasion. Le groupe Tone Rangers, accompagné du violoniste Ted Mildenberger, a aussi animé une soirée où les Métis ont eu la chance de pratiquer leur talent de gigue. « Old Fort Rae n’est pas seulement une occasion pour nos membres de prendre connaissance de l’avancement de nos projets et mais il s’agit aussi d’entretenir l’esprit de communauté de notre groupe culturel » conclue M. Paul.