Initiative francophone : De l’or en sucre

15 avril 2010
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Diane Fortin tient des pépites d’or sucrées dans sa main.
(Photo : Maxence Jaillet)

Diane Fortin tient des pépites d’or sucrées dans sa main. (Photo : Maxence Jaillet)

Une nouvelle gâterie disponible pour les touristes de Yellowknife.

 

Dispersées sur le crémage d’un gâteau, abandonnées sur la mousse d’un café irlandais ou simplement dégustées dans le creux de la main, les pépites d’or de Yellowknife sont un nouveau produit de l’érable qui mêle légende et implication communautaire. C’est lors d’un voyage au Québec que Diane Fortin, une Francophone habitant la capitale ténoise depuis plusieurs années, a flairé l’occasion de fournir à Yellowknife un produit culinaire associé au passé de cette ville où «l’or est pavée de rues».

Dans sa lancée de ramener aux TNO ce produit de l’érable, Diane Fortin, qui aime écrire, décide de monter une légende de toutes pièces pour lier Yellowknife au produit. Elle invente un personnage du nom de Pierre, qui est le nom de son distributeur québécois. Débarqué à Yellowknife, il rencontre ces mineurs qui façonnent l’économie de la première ville ténoise. Mais c’est par l’odorat que le jeune Québécois est le plus touché. Une odeur métallique et sucrée s’imprègne dans son esprit, et il s’acharnera, de retour dans sa cabane à sucre, à développer des cristaux d’érable mêlés à du cacao et dont l’odeur s’apparente à ce qu’il avait humé aux TNO. Pierre venait de produire ses propres pépites d’or de Yellowknife.

Diane Fortin est bien consciente que l’or de Yellowknife ne se présente pas sous forme de pépite comme dans les rivières du Yukon, par exemple. Elle sait que lorsque les mines d’or étaient encore en exploitation, le minerai était extrait de la roche, et se fie toutefois sur le cliché habituel qu’ont les gens à propos de l’or. Elle trouve que cette initiative est une façon de s’impliquer dans la ville où elle se sent chez elle. « Ici, il n’y a rien que l’on vend qui représente vraiment Yellowknife. En tant que tel, je ne vends pas le produit, c’est juste que j’ai saisi une opportunité de développer quelque chose pour Yellowknife. »

Cette Francophone ajoute qu’il est important de s’impliquer dans la communauté où l’on vit. Elle estime que la francophonie ténoise est bien présente avec les produits de l’érable et que ces pépites d’or de Yellowknife sont une autre contribution pour faire reconnaître ce que les Francophones peuvent apporter à cette ville nordique.

Après avoir démarché auprès de plusieurs commerçants et restaurateurs pour leur proposer de vendre ses pépites, Diane Fortin a finalement trouvé chaussure à son pied avec la galerie Midnight Sun, située en vieille ville. Initialement traduite en anglais, sa légende a également été retranscrite en japonais afin de répondre à la forte demande des touristes nippons. « Pour le touriste, c’est la légende qui fait vendre le produit. J’imprime la légende sur du beau papier à lettres que j’agrémente de poussière d’or. Je la roule minutieusement et la scelle d’un joli ruban. Il est essentiel que chaque boîte soit remise avec une légende. La réserve de légendes en japonais s’écoule comme des petits pains chauds. »

Mme Fortin propose également ses pépites dans les locaux de l’Association franco-culturelle de Yellowknife avec des légendes en français.