Éditorial : De l’inquiétude à outrance

25 juillet 2014
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C’est peut-être parce que ça fait bien longtemps que je vis dans le Nord, mais je trouve que les médias véhiculent un peu trop d’inquiétudes sur la question des incendies de forêt.
Oui, il y en a beaucoup cette année. Oui, plusieurs sont assez près de la capitale pour que la fumée nous importune. Oui, des routes qui nous desservent ont été fermées temporairement. Oui, on a pas mal de fumée qui recouvre parfois la ville. Non, ce n’est rien de nouveau ou d’alarmant.
Plusieurs médias se trouvent à Yellowknife. L’an passé, la route 1 menant à Fort Simpson a été fermée à de nombreuses reprises. On n’a pas eu de panique. Je me souviens, en 1995, les villages de Norman Wells et de Tulita ont été évacués, mais on n’en a pas fait tout un plat. Plus récemment, un incendie a ravagé le voisinage de Behchoko. On en a parlé, mais sans plus.
Mais voilà que les incendies viennent incommoder la capitale et soudain, la situation est dramatique, faisant même le téléjournal anglais de CBC en une journée calme du côté de l’actualité nationale.
Quand les gens me parlent de la situation dramatique aux TNO, je leur dis de se calmer le gros nerf parce que ça n’a rien de pire par rapport à ce qui se vit habituellement partout aux TNO durant l’été.
On ne peut jeter tout le blâme sur les médias traditionnels. Je crois qu’une partie de la responsabilité de la dramatisation du phénomène des incendies de forêt provient aussi de l’utilisation accrue des médias sociaux. On a maintenant accès à des informations quotidiennes sur notre Facebook ou Twitter. Au lieu de se mettre au courant de l’évolution des incendies une fois par semaine, on se retrouve à être bombardés d’information sur une base quotidienne, ce qui donne sûrement l’impression qu’il y a des milliers de feux tout partout.
Soyez rassurés, nos sapeurs font de l’excellent boulot et il n’y a aucun risque à craindre.