Réactions au budget : De l’environnement à l’économie

31 mai 2012
0 Commentaire(s)

Avec des dépenses plus limitées en environnement, le premier budget déposé par la 17e Assemblée législative suscite quelques réactions auprès des députés élus.

Le nouveau budget déposé par le ministre des Finances des Territoires du Nord-Ouest, Michael Miltenberger, se traduit par un changement complet de stratégie.
Il y a deux ans, on annonçait que le budget adopté par la 16e Assemblée législative était le budget le plus vert que l’on ait vu, et voilà que le premier de la 17e Assemblée est tout sauf axé sur l’environnement.
Les dépenses territoriales associées à l’environnement diminueront de près de 10 millions de dollars cette année, montant qui sera plutôt investi au ministère des Finances.
« À la 16e Assemblée législative dans les derniers quatre ans, nous avons alloué un financement de 60 millions de dollars par année en reconnaissance de l’importance des problèmes d’énergie, dénonce le député de Weledeh Bob Bromley. Avec les coûts en électricité qui augmenteront de 30 %, auxquels s’ajoute le fait que nous avons appris qu’il y a un nouveau mécanisme qui augmentera automatiquement les coûts en électricité chaque année sans révision, nous sommes loin d’en avoir terminé avec le travail que l’on doit faire en matière d’énergie. »
En tant que ministre des Finances qui tend à adopter une stratégie pour les quatre prochaines années de la 17e Assemblée législative, Michael Miltenberger se défend tout de même de délaisser l’environnement.
« En raison de la réalité de la situation, tout a dû être ajusté en ce qui a trait aux nouvelles initiatives. Mais j’aurais assurément voulu dépenser plus. En tant que ministre de l’Environnement, j’ai eu un débat difficile avec moi-même en tant que ministre des Finances, avoue Michael Miltenberger, et j’en suis venu à réaliser qu’entre les finances et l’environnement, il peut y avoir un heureux compromis et le voici. »

Préoccupé par l’environnement

C’est un peu le même son de cloche pour le premier ministre des Territoires du Nord-Ouest, Bob McLeod, qui ne croit pas que le Cabinet ait fait volte-face sur l’environnement.
« Je ne le vois pas vraiment comme un changement de mentalité, observe le premier ministre. En matière de budget “vert”, je pense que les éléments sont toujours là puisque nous comptons bâtir sur ce que l’on a appris de l’investissement de 60 millions de dollars que nous avons fait avec la 16e Assemblée législative pour de l’énergie alternative et renouvelable. »
Toutefois, les 60 millions s’épuisent graduellement et les chiffres indiquent clairement que le budget proposé par le Cabinet verra moins de fonds alloués à environnement.
Y verrait-on l’influence de certains ministres ou la réflexion des façons de gérer du premier ministre?
« Ce changement d’attitude pourrait possiblement venir du leadership de Bob McLeod », croit Bob Bromley. Et il faut aussi ajouter que l’industrie minière et les chambres de commerce ont été très efficaces à minimiser l’importance de l’énergie et de l’environnement dans les priorités et à faire en sorte qu’il y ait plus de développement économique au détriment du financement alloué à l’environnement. Je dirais que ce fut un lobbying très efficace et je suis déçu parce même les plus grosses compagnies dans le monde réalisent maintenant qu’elles doivent être écologiquement viables afin d’être économiquement viables.
Ce n’est toutefois pas la vision du premier ministre sur la question, qui y voit plutôt un autre domaine de compétence.
« Je ne tendrais pas à tirer cette conclusion, fait valoir Bob McLeod. Nous savons bien que l’environnement est très important. Mais le fait est que cela échappe à notre compétence : cela relève du gouvernement du Canada. Même si nous n’avons pas la responsabilité, nous investissons considérablement dans la protection de l’environnement. Et c’est pourquoi nous répétons que nous avons besoin de la dévolution pour faire les investissements nécessaires pour être certains d’avoir une approche équilibrée quant au développement et à la protection de l’environnement. »
Le gouvernement ayant fait déficit durant les cinq dernières années, le nouveau budget annonce un important surplus de 74 millions de dollars.
Toutefois, le premier ministre se refuse de pencher vers l’idée d’un budget idéal.
« Je n’appellerais pas cela un budget idéal, mais c’est un budget réaliste et responsable fiscalement. Évidemment, j’aurais préféré qu’il y ait plus d’argent disponible pour investir dans plus de programmes, mais la réalité est que nous sommes dans une situation fiscale étroite. Nous allons trouver un moyen de nous en sortir. »