Parlement jeunesse pancanadien : De jeunes francophones passionnés de politique

12 janvier 2012
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Les membres du Cabinet 2012 ainsi que ceux qui formeront le prochain gouvernement en 2014. (Courtoisie de C.D.)

Les membres du Cabinet 2012 ainsi que ceux qui formeront le prochain gouvernement en 2014. (Courtoisie de C.D.)

Une centaine de jeunes provenant d’un bout à l’autre du Canada se sont réunis la fin de semaine dernière au Parlement d’Ottawa, l’instant d’une simulation.

L’enceinte du Parlement a pris des airs de jeunesse du 5 au 8 janvier dernier. Cent cinq nouveaux députés se sont présentés en Chambre pour débattre de quatre projets de loi. Complets cravates et coquetterie formelle, ces jeunes ont envahi le Sénat dans un seul but : celui de simuler une session parlementaire. Et le pari fut relevé, car ces francophones de partout au pays s’en sont donnés à cœur joie.
« Il est intéressant de voir les dynamiques fédéral-provincial, mais aussi toutes les dynamiques régionales qui soulignent bien la diversité du pays, mais également ses divisions », souligne Alexis Couture, chef de l’opposition officielle durant l’événement. Le jeune homme originaire de Moncton au Nouveau-Brunswick n’en est pas à ses premières armes en politique. Il a participé à sept sessions parlementaires, donc trois Parlements jeunesse pancanadiens depuis 2008. Le verbe facile, Alexis Couture n’a pas peur de donner son opinion sur notre structure politique actuelle : « Avec le système électoral que nous avons, des gouvernements sont majoritaires avec pratiquement un tiers du vote et c’est inacceptable. Enfin, j’aime beaucoup l’intention première du Sénat, celle d’une représentation des minorités et des régions d’abord. »

Représenter la francophonie

Le Parlement jeunesse pancanadien qui a lieu tous les deux ans sur la Colline du Parlement n’offre pas seulement l’occasion de discourir, mais donne aussi la chance aux francophones d’échanger. « Les Parlements jeunesse sont une activité réconfortante dans le sens que tu sens que tu n’es pas le seul jeune qui confronte les réalités de la francophonie canadienne et que les jeunes amateurs de politique ne sont pas en voie d’extinction », témoigne Marc-André LeBlanc, Néo-brunswickois et député de Plaisance-Charbonnière-Trinité. L’étudiant qui en est à sa huitième simulation n’est pas le seul à avoir attrapé la piqure politique.
Amber O’Reilly, originaire des Territoires du Nord-Ouest, est également très fière de pouvoir s’exprimer en public et affirmer le fait d’être francophone. « La fin de semaine à Ottawa m’a donné la chance de revoir pleins d’amis francophones et de me rendre compte à quel point les rassemblements de ce genre me rendent heureuse. C’est extrêmement important pour moi de représenter ma région et d’en faire connaître la réalité au sein de la communauté francophone et internationale », ajoute la jeune femme.
En effet, Amber O’Reilly a su démontrer la passion qui l’habite lorsqu’elle parle de son coin de pays. Lors du débat sur le projet de loi concernant le développement du Nord, présenté par le ministre des Affaires autochtones et du Développement du Nord, Xavier Lord-Giroux, elle a fait un discours pour le moins émouvant.

 

Extrait du discours d’Amber O’Reilly :

J’aimerais inviter l’Honorable ministre des Affaires autochtones et du Développement du Nord ainsi que toute la Chambre à m’accompagner dans le voyage d’une journée d’un jeune résident d’une collectivité isolée du Grand Nord. Débutons à l’aube. Dehors, l’air est calme et le froid de -40 °C règne sur tout. À l’école, la moitié de mes camarades de classe ne sont pas là. On sèche les cours plus souvent qu’on y participe et quand on revient, on ne semble pas avoir trop manqué. Malgré ça, il y a des jeunes dans leur vingtaine qui ont déjà redoublé trois ou quatre fois.
Après les cours, je me rends au centre-ville et en rentrant au centre d’achats, je croise des itinérants qui n’ont pas le choix que d’y traîner perpétuellement. Ce soir, il y a une soirée chez Johnny. Je ne veux même pas songer à ce qui s’y déroulera. La toxicomanie fait ravage chez les jeunes du Nord. Le manque de ressources récréatives et communautaires nous pousse à chercher d’autres moyens de nous divertir qui mettent à risque notre propre santé et celle de notre communauté.

Des visions de carrière

Pour certains, vivre la vie de parlementaires pour quelques jours a réveillé en eux une envie soudaine de faire carrière en politique. C’est, entre autres, le cas d’Ali Boussi, nouvellement arrivé au Canada. « Je pense que le plus grand basculement pour ma perception de la politique a été ma participation au Parlement jeunesse. Alors une carrière en politique, je ne sais pas encore, mais pourquoi pas! À vrai dire, je pense que je me suis embarqué vers cette voie depuis mon retour de l’événement. En effet, j’ai modifié mes choix de cours pour en choisir dans le domaine de la politique canadienne et internationale », avoue-t-il.
David Gakwerere, participant albertain, est lui aussi tenté par l’aventure : « J’aimerais bien être en politique. Par contre, vu la difficulté d’être à la fois politicien et père de famille, je compte opter pour un autre domaine. Pour l’instant, disons que je suis encore un “enfant” sur le banc d’école avec encore bien des années avant d’entrer dans l’arène politique. »
La délégation des Territoires du Nord-Ouest pour le Parlement jeunesse pancanadien a été formée grâce au recrutement fait dans les écoles et encadré par Jeunesse TNO. Édith Vachon-Raymond était responsable de la délégation à titre d’accompagnatrice et recruteuse pour l’organisme jeunesse.