Sables bitumineux : D’autres voix s’unissent pour protéger l’eau des TNO

04 juin 2009
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L’Association des collectivités des TNO demande l’arrêt du développement des sables bitumineux de l’Alberta.

Après la nation dénée, le conseil municipal de Yellowknife et le diocèse de Mackenzie-Fort Smith, ce sont les 33 collectivités des TNO qui ont demandé plus de surveillance et plus de contrôle sur les eaux territoriales, appuyant de ce fait l’appel maintes fois lancé par plusieurs des collectivités ténoises directement en aval de l’industrie pétrolière albertaine, tels que Fort Smith et Fort Résolution. Réunis à Inuvik du 21 au 24 mai dernier, l’Association des collectivités des TNO (ACTNO) a profité de son assemblée générale annuelle pour émettre 19 résolutions portant entre autres sur les changements climatiques, l’accès routier, et le ralentissement du développement des sables bitumineux.

Sur la liste des résolutions, il est indiqué que : « L’ACTNO demande au ministre de l’Environnement et des Ressources naturelles d’établir des analyses continues et d’émettre des rapports sur la qualité et le niveau de l’eau au sein du basin versant du fleuve Mackenzie afin d’identifier et de surveiller les impacts découlant du développement de l’industrie des sables bitumineux ».

Selon le président de l’ACTNO, Gordon Van Tighem, il est important que les TNO soient en mesure d’émettre leur propre opinion sur l’état de leur eau. « Pour l’instant, la seule chose que l’on a ce sont deux études qui viennent de l’Alberta, une de l’Institut Pembina et l’autre financé par l’industrie pétrolière. Si le gouvernement ténois conduit ses propres analyses comme nous le recommandons, nous allons être en mesure d’émettre notre propre opinion sur la qualité de cette eau qui traverse notre territoire. »

Actuellement, le ministère de l’Environnement ténois n’est pas responsable d’effectuer des analyses autres que celles destinées à la qualité de l’eau potable de ses communautés. Le ministre Michael Miltenberger, assure qu’il n’est pas nécessaire que ce soit le GTNO qui conduise ses propres analyses pour se faire une idée de la situation. « Ce qu’il faut c’est que le gouvernement fédéral accroisse ses responsabilités et s’assure que les analyses qu’il effectue soient scientifiquement indiscutables. Nous sommes d’avis qu’il n’y a pas assez de surveillance le long du Mackenzie, et c’est aussi un fait dans tout l’ouest du Canada. Je sais que c’est un véritable défi au niveau fédéral », a-t-il lancé en entrevue.

Le député de Fort Smith s’est également dit encouragé par la résolution prise par l’Association des collectivités, alors qu’elle anticipe présenter une requête au GTNO pour qu’il demande au gouvernement de l’Alberta de négocier l’entente sur les eaux frontalières entre l’Alberta et les TNO pour assurer que l’eau qui coule aux Territoires soit propre, non contaminée et que son débit ne soit pas réduit. « C’est encore un signe que nous sommes sur la bonne voie, dit-il. Nous sommes en pourparlers avec l’Alberta pour protéger les eaux de notre territoire. C’est une démarche qui est nécessaire et attendue depuis longtemps. Car pour l’instant, le seul accord frontalier que nous ayons est avec le Yukon, alors que depuis 1997 nous avions posé les bases d’une entente avec autres provinces du basin versant du Mackenzie que sont la Saskatchewan, l’Alberta et la Colombie-Britannique. »

Le ministère de l’Environnement espère que l’entente sur les eaux frontalières avec l’Alberta soit conclue durant l’automne 2009.