Sur les planches : Cultures à l'unisson

Yirrmal Marika et Shane Howard. (Crédit photo : David Chevalier)

Yirrmal Marika et Shane Howard. (Crédit photo : David Chevalier)

 Bien que messieurs Marika et Howard se soient rencontrés il y a plusieurs années, qu’ils aient composé quelques chansons, qu’ils aient fait des spectacles ici et là ensemble, il s’agit de leur première tournée en duo. Ces musiciens australiens ont un son folk traditionnel et misent sur le contexte dans lequel leurs chansons ont été créées pour produire un impact encore plus grand auprès des spectateurs : « Ma musique raconte des histoires. Des histoires de ce qui passe en Australie », affirme Yirrmal. M. Marika est un Autochtone de la communauté Yolngu du Nord de l’Australie. Shane Howard, quant à lui, est un Australien du Sud qui a embrassé la cause autochtone depuis une expérience immersive qu’il a vécue au pied d’Uluru, une montagne sacrée à la couleur rouge située au centre du pays. Ce moment lui a fait comprendre la puissance et le raffinement de la culture autochtone. Il raconte : « Le Soleil se couche, il y a des cercles de feu. Nous tapions des mains et nous chantions. Les danseurs avaient les histoires peintes sur leur corps et à un moment, la pleine Lune s’élève derrière d’Uluru. C’était la chorégraphie suprême. Vous devez vraiment bien connaître votre pays pour savoir que ça allait arriver. »

Porter le message de leur réalité
Le jeune Yirrmal de 23 ans se promène à travers le monde pour porter la vérité sur sa réalité : « Les Premières Nations n’ont jamais été reconnues en Australie, mais on lutte et on est plus fort maintenant », affirme-t-il. Pour lui, il n’est pas question de lutter pour repousser l’autre, au contraire : « Travailler pour quelque chose de mieux !, dit-il, pour vivre dans l’harmonie et le respect de chacun.»
Les peuples autochtones du pays-continent de l’Océanie ont reçu la citoyenneté en 1967. Avant, ils étaient considérés au même niveau que la faune et la flore. Encore aujourd’hui, ils ne sont pas reconnus dans la constitution.

Ouvrir son esprit pour le décoloniser
Shane Howard mise beaucoup sur la compréhension de la culture de l’Autre afin de bien vivre tous ensemble. Il ne faut pas penser que l’une des deux est meilleure, mais plutôt qu’elles sont tout simplement différentes et qu’elles s’équivalent. Ainsi, en changeant de perspective, on peut faire un pas vers la compréhension : « Cette culture existe depuis plus de 65 000 ans. Il s’agit de la plus ancienne culture vivante sur Terre. C’est très ancien et raffiné. »
Ils sont la représentation de ce qu’ils prônent : un « Blanc » et un Autochtone qui chantent ensemble afin de changer les mentalités en faisant part d’une réalité. Ils ont d’ailleurs créé une chanson qui se nomme The Bridge. Elle parle d’une rivière qui ne fait pas la différence quant à la rive sur laquelle on se situe. Elle donnera la vie autant que la destruction sans distinction entre les humains. Il est important de comprendre que toutes choses sont interconnectées dans la culture Yolngu : la terre, les animaux, le ciel, les humains, etc.
M. Howard a eu un grand succès en 1982 avec son groupe de l’époque, Goanna, grâce à la chanson Solid Rock qu’il a composée à la suite de son expérience à Uluru. Cette chanson est, encore aujourd’hui, très populaire et a « mis les droits des Autochtones dans la culture populaire », selon Shane Howard.
Trente-cinq ans ont passé depuis cette chanson et le travail se poursuit avec Yirrmal : « Il y a beaucoup d’autres voix autochtones qui s’élèvent, des voix beaucoup plus fortes que la mienne. Mais je ne fais que commencer. »


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