École Boréale : Cuisiner à la dénée

Le 18 janvier dernier, l’école Boréale de Hay River a conclu avec succès son cours optionnel portant sur la cuisine traditionnelle dénée, pour une deuxième année consécutive, avec la collaboration de Connie Bélanger, une métisse de la région.

 

s intarissables, Connie Bélanger est la personne tout indiquée pour permettre aux jeunes de faire leurs armes en cuisine et de capturer le cadre culturel unique de la région.
« Nous trouvions que connaître et apprendre à apprêter des recettes typiques de notre région enrichirait le sentiment d’appartenance chez les jeunes tout en développant leurs habiletés culinaires », raconte la directrice de l’école Boréale, Carole McLaughlin.
« Je trouve que famille et école ont une responsabilité d’apprendre aux jeunes à cuisiner », poursuit la directrice, qui a été séduite par cette idée amenée par André Chabot, anciennement le responsable de la programmation Dene Kede à l’école Boréale. L’offre a été mise sur la table pour Mme Bélanger, qui a accepté de se lancer dans l’aventure.
L’engouement est tel que des rénovations ont été entreprises dans la cuisine pendant les vacances de Noël. C’est dans un espace plus ouvert, convivial et pratique que tous ont pu se retrouver, en janvier 2017. Selon Mme McLaughlin, cette nouvelle cuisine représente l'engagement de l'école envers ce cours de cuisine, mais aussi envers la promotion de bonnes pratiques alimentaire et culinaires au sein de son infrastructure.
« Nous avions déjà essayé de l’offrir en partageant un local d’une autre école, dit-elle, mais c’était toute une logistique que de faire l’épicerie nécessaire, de l’apporter dans une autre école, de venir chercher les jeunes, bref, c’était une énorme préparation. »
À ce jour, plus d’une dizaine d’étudiants de Boréale ont pu profiter des talents culinaires de Connie Bélanger. Samantha Goodwin et Jerusha Domes, deux étudiantes de 10e année, en sont des adeptes. Les deux jeunes francophones sont parmi les premières arrivées au cours de cuisine chaque mercredi et ce, depuis ses tout débuts. « Qu’est-ce qu’on cuisine aujourd’hui? », question posée avec un brin d’excitation dans la voix, est toujours une des premières phrases à résonner dans la cuisine.
« On peut sûrement cuisiner de la bannock les yeux fermés! », affirment-elles en riant, ce qui ne manque pas de rendre Mme Bélanger fière de ses apprenties : « S’il y a au moins une chose que je désire que les jeunes retiennent de ma classe, c’est ça : faire de la bannique from scratch », explique la dame, qui demande à ses élèves d’en faire à chaque atelier.
Originaire de Fort Smith, Mme Bélanger — dont la fille Jill a obtenu son diplôme de l’école Boréale en 2013 — a grandi dans une famille de trappeurs et de chasseurs. Elle a appris à cuisiner en regardant sa mère. C’est toutefois auprès de leur voisine, la légendaire cuisinière francophone Jeanne Dubé, que la mère de Mme Bélanger, Jane Dragon, a appris ses meilleurs trucs. « Ma cuisine a toujours un petit goût rehaussé parce que j’utilise beaucoup d’épices! », confie Mme Bélanger, avec un clin d’œil.
Poisson frit dans la panure à la bière, ragoût d’orignal, chili et hamburgers au bison, les jeunes de l’école Boréale apprennent des recettes simples et pratiques qui présentent une composante culturelle autochtone unique.
Les plats favoris? Les réponses varient, comme quoi l’atelier répond à tous les goûts! « Stew au caribou! », disent Jerusha et Samantha. « Burgers au bison! », assure Michelle Lafferty. « Chili au bison! », préfère quant à elle Megan Buelher.
Le succès du cours optionnel est tel que dès le prochain semestre, Mme Bélanger sera de retour derrière les tout nouveaux comptoirs de la cuisine boréale.
« Nous désirons ardemment pouvoir poursuivre de telles initiatives. Pour le 2e semestre, oui, absolument, nous désirons la poursuite de ce cours, cette fois-ci avec un nouveau groupe d’élèves. À la fin de chaque année, nous faisons une évaluation des cours et faisons des choix. J’espère qu’un tel cours pourra se poursuivre dans les années ultérieures », assure Mme McLaughlin.

*L’auteure de cet article est une employée de l’école Boréale.
 


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