L'avènement de cette quatrième partie de la Loi donne naissance à l'Office
des terres et des eaux de la Vallée du Mackenzie (OTEVM) qui remplacera
désormais l'Office des eaux des Territoires du Nord-Ouest (OETNO), sous la
direction du MAINC. La Vallée du Mackenzie comprend l'ensemble des T.N.-O.,
à l'exception de la région désignée des Inuvialuits et du parc national
Wood Buffalo. L'OETNO gardera donc le contrôle pour la région de l'Arctique
de l'Ouest (Inuvialuit) où un règlement (face aux revendications
territoriales du peuple inuvialuit y habitant) a été conclu en 1984.
« Nous avons une équipe compétente et quatre membres de l'OETNO vont venir
travailler avec nous, ce qui assurera une continuité », a déclaré la
présidente intérimaire du nouvel office, Melody McLeod. L'OTEVM va compter
17 membres lorsque tous les représentants auront été nommés. La moitié des
membres de chaque office, soit l'OTEVM et l'Office d'examen des
répercussions environnementales de la Vallée du Mackenzie (OEREVM) sont
nommés par les communautés autochtones, et l'autre moitié par les
gouvernements territorial et fédéral. « Les habitants du Nord et les
Autochtones assument désormais un rôle important dans le processus
décisionnel : ainsi ils protègent les intérêts de tous les intéressés et
garantissent le développement durable de la Vallée du Mackenzie », a
déclaré le ministre Nault.
La quatrième partie de Loi sur la gestion des ressources de la Vallée du
Mackenzie stipule que l'OTEVM est responsable de la réglementation de
l'utilisation des terres et des eaux dans les régions du Deh Cho, du North
Slav et du South Slave, de même que des activités de développement ayant
une incidence sur plus d'une région visée par un règlement territorial ou
ayant des répercussions au-delà de la vallée du Mackenzie.
Les deux offices existant dans les régions visées par les règlements
intervenus avec les Gwich'in et avec les Dénés du Sahtu continueront
d'émettre des permis pour l'utilisation des terres et eaux. Ces offices
sont responsables de l'aménagement territorial et de la délivrance des
permis. « Par ailleurs, l'OEREVM n'exclut pas une collaboration avec
l'Agence canadienne (fédérale) d'évaluation environnementale pour un projet
transfrontalier comme un pipeline », a commenté l'agent de communications
pour l'OEREVM, Roland Semjanovs.
Le MAINC va toutefois continuer à délivrer les baux, à régir les droits de
surface et d'exploitation du sous-sol des terres de la Couronne, et,
finalement, à administrer les droits des tiers. Le ministère garde la main
sur la gestion et la planification de projets qui ont des incidences sur
les ressources, notamment sur l'eau. Les inspecteurs du MAINC se portent
garants du respect de la conformité aux lois et règlements ainsi qu'aux
conditions prévues par les divers offices.
« Je crois que le nouvel office des eaux va assurer plus de transparence,
ainsi qu'une plus grande participation du public », a affirmé Mme McLeod. À
cet effet, les registres seront accessibles au public qui pourra ainsi
obtenir une copie de toute la correspondance entre les ministères,
l'industrie et les offices. Cette documentation sera mise à la disposition
de quiconque s'intéresse au processus d'attribution des permis
d'utilisation d'eau et de terre, ainsi que des résultats d'études
approfondies commandées à l'Office d'examen des répercussions
environnementales pour la Vallée du Mackenzie (OEREVM).
« Sous la nouvelle gestion de l'OTEVM, de même que sous celle du OEREVM,
toutes les toutes les décisions prises devront être écrites. Elles seront
par la suite disponibles au grand public », a expliqué l'agent de
communications de l'Office d'examen, Roland Semjanovs. Advenant le cas où
les membres de l'OTEVM jugent que des impacts négatifs sur l'environnement
sont à prévoir, ils vont confier au OEREVM la tâche d'effectuer les
recherches et de fournir leurs recommandations.
Le budget disponible pour l'OTEVM n'a pas été révélé, mais des discussions
sont présentement en cours. L'Office a formulé sa demande initiale qui
s'élève a 2,1 millions de dollars pas année. Cette demande exclut toutefois
les coûts associés aux audiences publiques qui se tiennent lors d'une
requête faite par une compagnie pour l'obtention d'un permis d'utilisation
de l'eau de type A. Ce permis concerne essentiellement les gros projets
comme celui de la société diamantifère BHP.
L'Office des terres et des eaux de la Vallée du Mackenzie ne sera cependant
aucunement responsable en cas de dégâts environnementaux survenus lors de
désastres écologiques imputables à une compagnie, comme ce qui est survenu
avec la Giant mine.