Culturel : Contes, cordes et chants de gorge

05 septembre 2013
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Le NACC : des racines aux Territoires, des greffons à l’international

Le Northern Arts Cultural Centre présente cet automne une programmation variée et de haut calibre. Un aperçu.
Depuis qu’elle est entrée en poste en septembre 2012, Marie Coderre n’a guère eu le loisir de relaxer confortablement dans son double fauteuil de directrice générale et artistique du Northern Arts Cultural Centre (NACC). D’une part, les transformations apportées au théâtre de Yellowknife ont été majeures. On a remplacé les sièges, modifié la configuration de la salle pour la doter d’une meilleure acoustique, érigé un nouveau quai de débarquement, et j’en passe. Et bien sûr, il y a la programmation du NACC, à Yellowknife naturellement, mais aussi Hay River, Fort Smith, Forth Simpson, Inuvik et Norman Wells. En tout, c’est plus de 50 spectacles que doit organiser Marie Coderre, sans parler des ateliers, des collectes de fonds et du programme de mentorat qui associe artistes locaux en début de carrière avec d’autres plus établis, souvent du Sud. Un tour de force administratif, qui repose sur une équipe solide et une bonne dose d’ingéniosité.

Une programmation audacieuse
Le résultat de toute cette canalisation d’énergie, c’est une programmation audacieuse et explorant plusieurs registres, où se côtoient et même s’associent des artistes d’ici et d’ailleurs. Plusieurs jouissent d’une renommée internationale, ont vu leur talent couronné de prix. Le bal sera lancé le 13 septembre avec la chanteuse inuite Tanya Tagaq (voir autre texte) qui recréera en direct sa propre bande sonore du film muet Nanook l’Esquimau (1922) projeté à cette occasion. Tanya Tagaq, qui a déjà joué avec le Kronos quarter et Björk, sera accompagnée du percussionniste Jean Martin et du violoniste Jesse Zubot.
Du 13 au 18 septembre se tiendra le Festival de contes Kok’e, avec différentes têtes d’affiche selon les collectivités hôtes, mais toujours avec un auteur local. Il s’agit d’une version revampée de l’ancien événement, qui se tenait habituellement en juin, en partenariat avec la radio autochtone CKLB. On pourra entre autres y retrouver Ryan McMahon. « Une vedette dans le monde autochtone, souligne la directrice générale diu NACC. C’est un Métis qui projette une image positive, quelqu’un de progressiste et d’avant-gardiste. Il est très attendu. » L’Irrévérencieux Ryan McMahon présentera son spectacle UnReserved Comedy.
Respectivement flûtiste et percussionniste, Jason Chamakese et Robert Gladue sont deux Cris de la Saskatchewan partageant chants et contes traditionnels. Jim Green est un aventurier vivant aux Territoires depuis 40 ans. Il peut vous raconter la beauté du printemps, avec le dégel et les vols de canards, mais aussi la fois où sept poulets lui ont envoyé un courriel, ou encore comment, dans un dépotoir, il a compris la différence entre hommes et femmes alors qu’il n’était encore qu’un gamin.

Cordes
Le quatuor à cordes Penderecki a plus de 36 CD à son actif, un répertoire éclectique où l’on retrouve Brahms, Bartok et un grand nombre de compositeurs canadiens. Leur interprétation du Lament in the Trampled Garden (Marjan Mozetich) a été soulignée par un prix JUNO en 2010. Lors de leur prestation à Yellowknife le 21 septembre, ils joueront entre autres, en première mondiale, une pièce de la compositrice locale Carmen Braden.
Enfin, la tradition se poursuit avec, du 26 au 28 septembre, le Festival international de luth, organisé avec la collaboration de l’enseignant et luthiste de Hay River Taylor Hawkins. L’édition 2013 du Festival sera un hommage au compositeur John Dowland (1563-1626). On se souviendra peut-être qu’il a été interprété par Sting et Edin Karamazov dans Songs from the labyrinth. Les principales vedettes du Festival sont Nigel North et Les Voix Humaines. Le premier est un des luthistes les plus renommés au monde. Il a participé à une centaine d’enregistrements, dont les œuvres complètes de John Dowland. Susie Napper et Margaret Little sont Les Voix Humaines (Prix opus 2012), et viennent du Québec. Elles en sont à leur seconde visite en deux ans aux Territoires. Leur denier disque, paru en mai dernier, s’intitule La magie de l’art de la fugue. Enfin, du 14 au 21 octobre, Evalyn Parry nous propose Spin ou de la bicyclette vue comme un instrument de musique et de changement social. Ce spectacle associant musique et théâtre est librement basé sur l’histoire d’Annie Londonberry, la première femme à faire le tour du monde en vélo en 1894. S’y greffe une série d’histoires nous menant jusqu’à un futur rapproché.