Passez à l'action avec les recommandations : Consultation sur le racisme et la discrimination: 2e partie

04 avril 2001
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Iqaluit - Plusieurs participants à la consultation ont souligné que la clé pour lutter contre la discrimination et le racisme réside entre les mains des communautés. « Si l'on souhaite voir des changements durables, il ne faut pas seulement se fier aux lois ou aux politiques du gouvernement », a soutenu la secrétaire d'État pour le multiculturalisme, Hedy Fry. « Il a y une grosse différence entre nos lois et la réalité », a-t-elle poursuivi. Grace Blake, qui travaille au sein de l'Institut social et culturel gwich'in à Tsiigehtchic, a d'ailleurs abordé la question des langues officielles au Canada. « Nos langues officielles sont reconnues aux Territoires du Nord-Ouest, mais pas au Canada. Cela nous rend admissibles à des sommes d'argent restreintes. Nous devons constamment jouer le jeu du dollar », a-t-elle affirmé.

Une déléguée du Yukon, Nicole, a souligné le besoin que les communautés francophones s'allient avec les nations autochtones dans leur lutte pour conserver leurs langues et leurs traditions. « Il faut reconnaître que ce que les francophones reçoivent n'enlève rien aux nations autochtones. Mais les francophones doivent se porter à la défense des droits des peuples autochtones », a indiqué Nicole.

La principale recommandation consiste donc à reconnaître les premiers habitants du Canada et à leur démontrer du respect. « Nous sommes distincts, tout comme les francophones et les anglophones », a souligné Tom Eagle qui travaille au Tree of Peace Friendship Center de Yellowknife. « Nous devons avoir un statut, au niveau fédéral, tout comme les francophones », a déclaré un participant.

L'éducation par l'histoire a émergé comme un pas incontournable pour enrayer le racisme et la discrimination. « Les programmes enseignés aux enfants doivent être révisés et inclure l'histoire des autochtones. Les jeunes autochtones doivent également apprendre dans un environnement autochtone. Le mode de vie traditionnel doit se refléter dans l'enseignement », a déclaré Grace Blake. Le système actuel n'intègre pas l'histoire du Nord et des peuples autochtones, selon plusieurs participants. Il a également été suggéré que les enseignants qui vont dans les communautés devraient recevoir des cours. « Pourquoi ne pas donner un bonus aux enseignants qui parlent la langue de la communauté », a suggéré une participante.

Il ne faut pas seulement s'attarder à l'école, selon Michael Dougherty, arbitre au sein de la commission des droits de la personne du Yukon. « L'école se limite à six heures et demie par jour. Le reste du temps, les jeunes sont ailleurs », a-t-il souligné.

Développement économique

Pour vaincre la discrimination et le racisme, il faut s'attaquer au problème de la pauvreté. Les autochtones sont parmi les plus défavorisés au Canada. Plusieurs d'entre eux sont pourtant victimes de remarques racistes portant notamment sur l'exemption de taxes accordée à certains. « Pour chaque dollar retiré de la mine, un dollar devrait être investi dans la communauté », a souligné une représentante dénée de Yellowknife. Une autre recommandation consiste à demander à l'Organisation des Nations Unies de faire la promotion des peuples autochtones face aux multinationales, afin que ces dernières prennent conscience des impacts de leurs activités sur les premières nations. « Le gouvernement est dirigé par les multinationales », a soulevé Grace Blake.

Du côté politique, plusieurs représentants des Premières Nations ont demandé l'obtention d'un siège lors des caucus des premiers ministres du Canada. Plusieurs représentants autochtones ont émis le souhait de participer à la conférence mondiale pour la lutte contre la discrimination et le racisme, qui se déroulera cet été à Durban en Afrique du Sud.