Chronique Santé TNO : Concertation panterritoriale : recrutement et rétention de professionnels bilingues

Les trois directrices territoriales des Réseaux en français Santé se sont réunies à Yellowknife pour se pencher sur le recrutement et la rétention des employés de la santé capables d’offrir un service bilingue.
Pour cette première concertation dirigée vers les ressources humaines, le défi est de bien comprendre le point de vue du contexte minoritaire et l’importance d’avoir des ressources capables d’offrir des services à la population. Les trois directrices générales ont échangé sur les stratégies pour recruter les professionnels, les former et les garder. La présence de communautés francophones dans les trois territoires est un fait, et ces francophones ont des besoins en santé comme les autres. Un autre fait compris est qu’il est beaucoup plus réconfortant d’avoir des services de santé dans sa langue. Même si la promotion des services en français est dirigée vers une meilleure sécurité du patient, ce réconfort n’est pas exclusif au patient qui aura une meilleure adhérence à son diagnostic et à son traitement. Les services en français sont également bénéfiques du point de vue du médecin, de l’infirmier, ou du radiologue qui sera satisfait d’une meilleure communication avec son patient.

Le premier défi de recrutement semble être le manque d’établissements de formation universitaire, ce qui exige d’aller recruter des diplômés hors des territoires. Il s’agit d’un travail de séduction pour convaincre ces travailleurs qu’ils trouveront un lieu de pratique et un lieu de vie stimulant.
Une des solutions et valeurs panterritoriales est de promouvoir la mobilité interterritoriale. On ne vise pas la compétition pour acquérir ces profils aventureux qui aiment les communautés autant que les grands espaces, mais un partage des ressources pour les garder dans le Nord.

Non exclusive aux services en français, la pérennité des services est altérée à travers l’ensemble des services médicaux du Nord. C’est finalement, le taux de roulement élevé chez ces professionnels qui met en difficulté l’administration médicale dans les territoires canadiens. Ce taux de roulement peut s’expliquer par le besoin d’obtenir un milieu de pratique stimulant. Pourtant, les milieux septentrionaux sont gratifiants, alors que les professionnels acquièrent des responsabilités rapidement en raison de l’effectif réduit. Il faut donc prêts à fournir du perfectionnement professionnel pour ne pas laisser s’installer un sentiment de plafonnement. Il faut également aider ces professionnels à bien s’intégrer dans la communauté.

Une des stratégies est d’attirer les travailleurs qui veulent changer les choses. C’est un peu le profil ciblé des gens qui restent dans les territoires. Cela pourrait favoriser un meilleur arrimage. Les stratégies d’accueil sont essentielles à l’arrivée des nouveaux venus pour valoriser leurs compétences au sein de la communauté, avec des ateliers avec la population où ils peuvent comprendre l’importance de leur présence.

 

Recueil de propos exprimés lors des Chroniques santé diffusées sur Radio Taïga les samedis à 11 heures.