Francophonie : Choisir de poursuivre ses études en français

23 janvier 2014
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Malcolm St. John fait ses études collégiales en français en musique, où il excelle, en plus des sciences, puisqu’il pense se diriger en mathématiques ou en physique à l’université. Cette photo a été prise en avril 2013 lorsqu’il est arrivé 6e dans un concours national de piano à Sherbrooke.

Malcolm St. John fait ses études collégiales en français en musique, où il excelle, en plus des sciences, puisqu’il pense se diriger en mathématiques ou en physique à l’université. Cette photo a été prise en avril 2013 lorsqu’il est arrivé 6e dans un concours national de piano à Sherbrooke.

Malcolm St. John au Cégep de Sherbrooke

Malcolm St. John a 17 ans et habite à Sherbrooke depuis trois ans et demi. L’année scolaire 2010-2011 de la famille St. John de Hay River a été vécue au Québec pour que les cinq enfants aient l’expérience d’un milieu de vie francophone. À la fin de l’année, six des sept St. John sont revenus à Hay River et les enfants ont repris le chemin de l’école Boréale. Malcolm est demeuré à l’école Montcalm, une école spécialisée en arts, pour faire son secondaire 5 (11e année). Ensuite, il est entré au Cégep de Sherbrooke pour entreprendre un double DEC en sciences de la nature et en musique. Aujourd’hui à mi-chemin dans son parcours collégial, il peut confondre n’importe quel francophone sur ses origines linguistiques.

Pour en arriver à l’aisance qu’il a en ce moment en français, Malcolm a dû y mettre beaucoup d’efforts. Pour terminer son secondaire, il n’a pas ressenti de défi linguistique majeur, lui qui avait fréquenté l’école francophone de Hay River jusqu’en 9e année. « Au cégep, je me suis rendu compte que ce n’était pas ma langue maternelle », explique l’étudiant qui a mis les bouchées doubles pour travailler sur son français, réalisant que la qualité de la langue et le niveau de grammaire étaient plus élevés dans son école du Sud. D’abord par lui-même, il a ensuite fréquenté le centre d’aide en français pendant sa deuxième session au collégial. Il faut dire que le jeune musicien a de l’ambition : « c’est une chose d’être à niveau, mais je voulais être plus haut que ça ».

L’aîné des cinq enfants St. John compare avec philosophie ses expériences scolaires du Nord et du Sud. « Dans le Sud, il n’y a pas autant de contact avec les professeurs qu’ici dans une classe avec peu d’élèves. D’un autre côté, il y a plus d’occasions, par exemple en physique et en français plus avancé, à Sherbrooke. Je ne serais pas rendu où je suis en français sans être allé là. » Entretenant une vie sociale presque uniquement en français lorsqu’il est au Québec, il rit en pensant à certaines réactions qu’ont eues les gens en apprenant qu’il venait des Territoires du Nord-Ouest. « Ils me demandaient si j’habitais dans un igloo! Les gens ne connaissent pas beaucoup le Nord dans le Sud », raconte-t-il avec humour, ajoutant que le fait d’être impliqué dans les sports et la musique lui a permis de s’intégrer rapidement à sa nouvelle ville. Il considère d’ailleurs l’option de rester à Sherbrooke pour l’université, puisqu’il est déjà habitué à la ville et qu’il aurait accès à une bourse étant donné ses talents en piano.

Une différence majeure, autre que la langue, dans le fait de poursuivre ses études au Québec a été de fréquenter le cégep avant d’entrer à l’université, contrairement à ses amis de Hay River qui choisissent le chemin plus conventionnel. Malcolm St. John apprécie beaucoup cette transition entre le secondaire et l’université, où il peut toucher à plusieurs domaines, s’ouvrir les horizons et prendre le temps de choisir en quoi il se spécialisera pour la suite, et ce, sans que les frais soient aussi élevés que pour une session universitaire. Si d’autres élèves qui étudient en français aux Territoires du Nord-Ouest souhaitent faire comme lui, Malcom leur conseille de lire en français et de s’attendre à travailler en sachant que ce ne sera pas toujours facile. Les avantages d’être parfaitement bilingue selon lui? « Tout le monde dit c’est bien pour avoir un emploi ou voyager, c’est évident. Mais c’est aussi pour lire des livres dans la langue originale, Victor Hugo en anglais ce n’est pas pareil! »