Économie locale : Chef Pierre, épicier?

21 janvier 2010
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Pierre LePage présente sa sélection d’huiles végétales. (Photo : Maxence Jaillet)

Pierre LePage présente sa sélection d’huiles végétales. (Photo : Maxence Jaillet)

Pierre LePage ouvre le Nico’s Market, où produits frais et qualité sont exigés.

 

Toutes les tablettes ne sont pas encore remplies, mais depuis jeudi matin, les Yellowknifiens ont un nouveau choix pour effectuer leur épicerie. Cela fait plusieurs mois que Pierre Lepage attendait le moment d’ouvrir les portes de sa nouvelle occasion d’affaires : le marché Nico’s Market situé au Centre Ice Plaza, à deux pas de l’hôpital. Un véritable défi pour cet entrepreneur franco-ténois qui ne cache pas son enthousiasme à l’idée de venir diversifier et stimuler l’économie de la capitale en cette période de récession. « Je pense que je suis le quatrième joueur (pour les supermarchés), du fait qu’il y a deux Extra Foods en ville. Mais c’est difficile de s’implanter… C’est de trouver les bons fournisseurs. […] Mais je suis indépendant, et c’est ça qui est intéressant », sourit-il.

Déjà bien implanté dans le marché de la restauration à Yellowknife, celui qu’on appelle Chef Pierre compte bien utiliser Nico’s Market pour fournir ses multiples restaurants, concessions et autre service de traiteur. « Il est difficile de faire du commerce aussi loin dans le Nord, mais le plus que l’on s’organise, le plus que l’on devient une mécanique et que tout marche ensemble, plus on va sauver et meilleurs seront nos prix », détaille l’homme d’affaires, en expliquant que les produits frais ou préparés seront utilisés dans ses restaurants, ce qui impose une rotation sur les étalages. Un avantage fraicheur par rapport à ses concurrents commerciaux, selon lui.

 

La visite

Avec une surface de 750 m2, le marché Nico crée une ambiance innovatrice, où les clients peuvent grignoter en faisant leurs courses, et où il faut aller parler à son boucher pour repartir avec le steak de son choix. Ce sont les fruits, les légumes et les fines herbes qui font préséance à l’entrée du marché. Le message est limpide, c’est la fraicheur qui prime. En poursuivant à la gauche, les grains de café équitable et biologique en vrac incitent à la consommation. Une consommation qui peut être immédiate, car le Nico’s Market possède aussi un comptoir pour commander capuccinos italiens et paninis grillés ou pour choisir parmi le buffet de salades et les produits de sa boulangerie. En passant entre un présentoir de mise en bouche et d’antipasto, pour accompagner les apéritifs, ce sont les meules de fromage qui s’étalent derrière plusieurs vitrines réfrigérées. Viennent ensuite la boucherie et la poissonnerie, où l'on trouve un vivier. Le fond du magasin est constitué d’une série de réfrigérateurs ouverts exposant d’autres fromages et des produits laitiers. Les congélateurs remplissent le mur de droite. Les denrées alimentaires courantes reposent sur les tablettes au centre du marché. Pâtes, huiles, céréales, et légumineuses se démarquent par leur diversité, leur provenance et leur certification biologique. Le coin ustensiles de cuisine qui encombrait le Stock Pot (reconverti en sandwicherie) profite maintenant d’une superficie convenable aux yeux de M. LePage.

Ouvert sept jours sur sept, le marché Nico’s espère plaire à tout le monde même si Pierre LePage reste ferme sur l’orientation de son entreprise. Si les gens veulent acheter du papier de toilette ou du shampoing, il y a d’autres supermarchés; lui vend des produits alimentaires et des casseroles pour en profiter.