Économie : Chef Pierre dans le bouillon de la récession

16 septembre 2010
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Pierre LePage lors de l'ouverture de Nico's Market (Archives L'Aquilon)

Pierre LePage lors de l'ouverture de Nico's Market (Archives L'Aquilon)

Acculé par un environnement financier qui tourne au ralenti, un entrepreneur francophone entreprend une restructuration pour échapper à la faillite.

Pour taire toutes les rumeurs qui couraient en ville depuis quelques semaines, l’entrepreneur et chef cuisinier Pierre Lepage, a annoncé par voie de communiqué qu’il se plaçait sous la protection de la loi sur les faillites et qu’il entreprenait une restructuration de ses multiples compagnies. « La ville est super tranquille au niveau économique et nous avons lancé l’épicerie Nico’s Market au mauvais moment. Maintenant, il y a beaucoup de rumeurs en ville comme quoi nous allons fermer et sombrer. Avec ce communiqué, je voulais mettre les choses au clair avec tout le monde », admet-il en entrevue.

Les choses sont en effet limpides, Chef Pierre qui est propriétaire du bistrot Le Frolic, du restaurant L’Héritage, du Stock Pot, d’un service de traiteur Chef Pierre’s Catering, qui gère la concession du Bush Pilot Café situé à l’aéroport de Yellowknife, celle du Wildcat Café en été et qui a ouvert le Nico’s Market à l’hiver 2010, a demandé l’aide d’une firme albertaine pour donner un préavis à ses créanciers. Cette procédure permet de mettre ses créanciers en attente pendant 30 jours, le temps que l’entrepreneur élabore un plan de restructuration qu’il soumettra au tribunal. Ce plan accepté sera imposé aux créanciers qui devront s’y plier. « Soit ils acceptent, soit je suis fini », présente-t-il.

Tenace, et avec 90 personnes sous sa direction, Pierre Lepage répète qu’il n’est pas un gars qui démissionne. « Nous regardons tous nos numéros en ce moment, alors je ne sais pas encore quelle forme prendra la restructuration. Mais je mise sur une chose par exemple, je vais revenir aux sources », dit-il, en ajoutant qu’il consacrera ses soirées au bistrot Le Frolic afin de replacer ce restaurant au rang de première table de la capitale. Il avoue que depuis plusieurs années, ce bistrot du centre-ville avec lequel tout a débuté n’était plus sa priorité avec tous ces autres projets. Il annonce d’ores et déjà qu’un nouveau menu sera affiché d’ici la fin du mois et ne désespère pas sur l’avenir de Nico’s Market et de son service de traiteur. « Il faut être patient, les clients viendront », conclut-il.