Environnement : Charbon tueur de bisons

12 juillet 2012
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Après la découverte d'une carcasse, les autorités la disposent sur un bûcher de bois et la brûlent sur le lieu même. (Photo courtoisie GTNO)

Après la découverte d'une carcasse, les autorités la disposent sur un bûcher de bois et la brûlent sur le lieu même. (Photo courtoisie GTNO)

Une surveillance de routine a donné lieu à une scène macabre alors qu’un important nombre de bisons morts ont été découverts près de Fort Providence.

Cent cinquante-et-un bisons, ce serait le nombre total de carcasses qui ont été retrouvées jusqu’à maintenant dans la région de Fort Providence depuis la semaine dernière.
Le 3 juillet, une équipe de surveillance de la maladie du charbon qui faisait un tour de routine a découvert 128 bisons morts près du lac Mills, à environ 30 kilomètres de la municipalité. Le nombre de carcasses est ensuite passé à 151 alors que 23 autres ont été trouvés le 9 juillet dans la région de Fort Providence, mais aucun autre au lac Mills.
Du nombre, cinq ont été découverts près du chantier du pont du Deh Cho et quatorze près du lac Caen.
L’équipe d’intervention a déjà commencé à disposer des carcasses en les brûlant, pendant que le ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles attend les résultats des analyses.
Dès les premiers cas recensés, le ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles des Territoires du Nord-Ouest a mis en place le plan d’urgence prévu pour les cas de propagation du bacille du charbon.« Pour les bisons du lac Mills, nous avons fait des tests sur le terrain le 3 juillet et ils se sont révélés positifs à la maladie du charbon, affirme l’agente de communication pour le ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles, Judy McLinton, mais nous ne pouvons pas le confirmer tant que nous n’obtenons pas les résultats des échantillons envoyés à l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Pour le moment, c’est toujours une épidémie potentielle de la maladie du charbon et nous nous occupons de chaque bison individuellement. »

Séparation des troupeaux
Ce n’est pas la première fois qu’une propagation de la maladie a lieu aux Territoires du Nord-Ouest, mais au nord du fleuve Mackenzie, c’est seulement la troisième fois depuis 1993 que ce troupeau de bisons est touché.
En 1993, 172 bisons avaient été tués dans cette région, puis plus récemment en 2010, la maladie du charbon avait fait des victimes dans les trois troupeaux de bisons du territoire, dont neuf au nord du fleuve Mackenzie.
Il y a longtemps, les trois troupeaux avaient été séparés pour éviter que les espèces se contaminent les unes les autres.
Ce qu’il est important de savoir, toutefois, c’est que cette mesure préventive n’avait pas été faite pour empêcher la maladie du charbon de se répandre, mais plutôt pour contrôler les cas de tuberculose des bisons du bas de la rivière des Esclaves.
« Les bisons de la région des basses terres de la rivière des Esclaves ainsi que ceux du parc national Wood Buffalo ont la brucellose et la tuberculose, explique Judy McLinton. Les animaux du troupeau de bisons du Mackenzie et du Nahanni n’ont pas ces maladies. Ils peuvent toutefois être contaminés par le bacille du charbon, donc ils sont tout aussi menacés. »

Bacille du charbon
À la base, le charbon est une bactérie contenue dans le sol. On l’appelle aussi bacille du charbon.
Lorsque le sol est humide, après la pluie par exemple, et que s’en suit des températures chaudes, la bactérie libère des spores dans l’air pour se reproduire.
La spore relâchée est toxique pour les animaux, particulièrement les bisons qui grattent le sol et se roulent dans la terre en plus d’inhaler l’air. Ils peuvent ainsi contracter la bactérie rapidement.
La bactérie n’est toutefois pas contagieuse, donc un animal ne peut pas transmettre sa maladie à un autre.
Par contre, un bison qui a le bacille de charbon dans son système aura plusieurs enflures et relâchera des souffles de fatigue de ses narines. Il aura de la difficulté à marcher normalement et mourra dans les 72 heures suivantes.
En raison de leur système digestif acide, les animaux carnivores sont plus résistants à la bactérie, mais n’en sont pas pour autant à l’abri et il en va de même pour les humains, qui peuvent l’attraper en étant en contact avec un animal malade ou avec une carcasse.
Le charbon peut causer des problèmes de peau et des difficultés respiratoires et peut même devenir fatal si l’infection n’est pas traitée avec des antibiotiques.
Quiconque pourrait avoir inhalé des spores du bacille de charbon devrait se faire examiner par un médecin le plus rapidement possible.