Méningococcie aux TNO : Campagne de vaccination

30 janvier 2004
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Le premier cas de méningite à avoir été répertorié aux Territoires du Nord-Ouest depuis 1998 est survenu à Fort Good Hope, un peu avant les Fêtes. L’adolescente de 15 ans est alors décédée en moins de 24 heures. La semaine dernière, un autre cas a été signalé dans la région du Sahtu. Le bébé atteint se porte maintenant bien. Il n’en fallait pas plus pour que le département de la santé publique du ministère de la Santé et des Services sociaux décide d’aller de l’avant avec une campagne d’immunisation de masse contre cette bactérie qui peut s’avérer très virulente.

« Nous avions déjà commencé à planifier un programme d’immunisation. Après avoir tenu des discussions avec le comité aviseur sur l’immunisation dans les TNO, nous avons décidé d’aller de l’avant et recommandé au ministre de mettre le programme de vaccination en place le plus tôt possible », a expliqué André Corriveau, médecin-hygiéniste en chef au ministère.

« Même si, dans certains contextes, les gens attendent d’avoir trois cas pour déclarer que l’on assiste à une poussée de la maladie, je ne voulais pas attendre et m’assurer que le vaccin serait disponible aussitôt que possible », a fait savoir le médecin qui, de toute façon, comptait, au cours des prochaines années, inclure ce vaccin au programme d’immunisation déjà présent aux TNO.

Pour la campagne massive, on visera d’abord les jeunes âgés de 14 à 19 ans. Selon le Dr Corriveau, il s’agit de la clientèle la plus à risque d’être porteur de la bactérie qui se transmet par la salive. « La bactérie peut être transmise en embrassant, en partageant une bouteille d’eau ou de jus ou en se passant une cigarette, par exemple ». Par la suite, les jeunes seront visées par les cliniques de vaccination, principalement tenues dans les écoles.

Bien que ce ne soit pas tous les porteurs de la bactérie qui développeront la maladie, celui qui a la malchance de voir la bactérie prendre une forme invasive sera foudroyé. « Une fois que la bactérie entre dans le système sanguin, la maladie peut progresser en 24 à 36 heures », explique le médecin. La bactérie s’attaquera alors principalement au cerveau, mais peut aussi se diriger vers d’autres organes vitaux. M. Corriveau signale qu’en cas d’invasion de la maladie, le taux de survie est d’environ 50 %. Cependant, une personne sur un millier développera la méningite de groupe C.

Pour ce qui est des symptômes, ils peuvent varier. Mais généralement, on retrouvera des maux de tête, de fortes fièvres et un état de santé qui se détériore rapidement. Alors qu’en général, des analgésiques (comme des Tylénol) peuvent résorber quelque peu la fièvre, dans le cas d’une méningite, ils seront sans effet.

« Il est important qu’une personne qui contracte cette maladie soit vue par un médecin et traitée rapidement ». Le patient, tout comme les gens qui sont entrés en contact avec lui, recevront des antibiotiques visant à combattre la bactérie. Pendant ce temps, le diagnostic officiel sera fait par les laboratoires médicaux de l’hôpital Stanton et du département provincial de santé publique d’Edmonton.

Selon M. Corriveau, bien que les deux cas répertoriés aux TNO soient survenus dans le Sahtu, rien ne semble les lier pour le moment. «Nous n’avons pas pu établir de lien entre les deux cas, mais c’est une indication que la bactérie circule », dit-il.

La campagne de vaccination coûtera 600 000 $ au ministère de la Santé et des Services sociaux des TNO. Sur cet argent, 500 000 $ seront investis dans les vaccins, alors que 100 000 $ seront consacrés au personnel supplémentaire et à la logistique. En tout, 13 400 jeunes sont visés par la campagne.

Rappelons que le vaccin est considéré comme étant bon à vie.