Science : Camp Tundra : un joyau qui gagne à être connu

26 août 2014
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William Frise, de l'école Boréale, s'initie au maniement
du atlatl, une arme de chasse traditionnelle.
(Photo: André Chabot)

William Frise, de l'école Boréale, s'initie au maniement du atlatl, une arme de chasse traditionnelle. (Photo: André Chabot)

Des jeunes Franco-Ténois de Hay River mènent des recherches archéologiques en territoire tlicho.
 

Trois élèves et un professeur de l'École Boréale de Hay River ont vécu une expérience enrichissante au camp d'été Tundra, que l'enseignant juge injustement méconnu.
Géré par le ministère de l'Environnement et des Ressources naturelles (MERN), le camp de culture et de science Tundra est situé sur le lac Daring, au nord-ouest du lac de Gras. Ouvert 10 jours par année depuis 20 ans, il s'adresse aux élèves ayant préférablement terminé un cours de science de 10e année, mais également aux enseignants. Il peut accueillir 16 et trois individus dans ces catégories respectives.
« Nous ne cherchons pas particulièrement les nerds, explique la spécialiste en éducation publique, Tasha Stephenson, même s'ils sont les bienvenus. Grâce au travail sur le terrain, le camp, qui se veut très spécialisé et intensif, aide les jeunes à comprendre les applications pratiques de la science. »
La communauté tlicho, sur le terrain de laquelle se trouve le camp Tundra, est particulièrement sollicitée, même si de l'aveu de Tasha Stephenson, ce n'est pas toujours un succès. Autrement, plusieurs moniteurs, dont Mike Mitchell du Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles, possèdent à différents niveaux, des notions de français.
Tous les trois ans, les gestionnaires du camp tentent de concentrer leurs ressources au bénéfice de la francophonie ténoise et des élèves en immersion française. Le prochain rendez-vous est prévu pour 2016.

Une expérience intensive
André Chabot enseigne les études sociales au secondaire à Boréale et a tiré beaucoup de satisfaction de son passage au camp.
« Ça va clairement m'être utile dans mon enseignement, assure André. J'ai pris en note plusieurs idées pour des activités pédagogiques. »
Ce qui est singulier, note l'enseignant qui entame sa huitième année aux Territoires, c'est qu'il soit traité comme un élève malgré son statut professoral, bien qu'il ait parfois agi comme superviseur. Les trois élèves de Boréale qui étaient à Tundra en même temps que lui sont Kateryna Staszuk, William Frise et Franknel Pabai.
Au camp Tundra, ils ont eu accès à des spécialistes dont le savoir est généralement arrimé à ce pan du territoire tlicho; des aînés de Whati y collaborent d'ailleurs. On y retrouve entre autres l'archéologue Tom Andrews, un biologiste d'ERN spécialiste des caribous de la toundra, un spécialiste des écosystèmes aquatiques, une géologue se spécialisant dans le pergélisol, etc.
« Après les sessions avec les moniteurs, explique André Chabot, les élèves prennent la relève pour mener à bien un projet, avec une hypothèse de recherche et l'encadrement des scientifiques. Ça permet de développer les mêmes connaissances qu'à l'école, mais sur le terrain, avec des gens qui gagnent leur vie dans ces domaines. »
André Chabot a fait partie d'une équipe étudiant les sentiers traditionnels des Tlicho de la région du lac Daring, une thématique déjà abordée précédemment à Tundra. Certains de ces sentiers datent de 15 000 ans, mais l'équipe s'est concentrée sur ceux datant du XIXe siècle, où, de dire Chabot, on retrouve encore des vestiges d'habitation, des morceaux de branches ayant servi à construire des pièges à renards.
Pour ses recherches, l'équipe de l'enseignant de Boréale a utilisé entre autres des histoires orales archivées, des rapports de recherche de l'archéologue Tom Andrews. Ils ont pu en savoir davantage sur l'histoire de ces sentiers, retrouver certains de leurs noms et les tracer sur des cartes satellites.
Au sortir de son expérience, André Chabot ne tarit pas d'éloges sur le camp tundra.
« Je le recommande fortement, assure-t-il, à n'importe qui s'intéressant au Nord ou aux Autochtones. Ici, c'est très bien planifié. À 300 $ pour 10 jours, c'est abordable et nous sommes nourris comme des rois. »