La parole au public : CRTC et le rôle de Radio-Canada

26 mars 1999
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Les consultations publiques du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications (CRTC) ont permis à quelques résidants des T.N.-O. et du Yukon d'exprimer leur point de vue sur le rôle que devrait jouer le réseau anglais de Radio-Canada, à l'aube du nouveau millénaire.

Tour à tour des résidants des T.N.-O. et du Yukon ont pu exprimer leur point de vue, le 18 mars, à l'hotel Explorer, sur la programmation et les activités de la Société Radio-Canada (SRC) ainsi que sur l'orientation que celle-ci devrait prendre dans les prochaines années, à la fois au niveau national et régional. Les interventions portaient principalement sur le réseau anglais de Radio-Canada.

Globalement, c'est un bilan positif qui ressort des témoignages qui ont été entendus. Bien que selon plusieurs, la SRC devrait mettre davantage l'emphase sur l'information locale, la volonté de conserver et protéger le réseau national est toutefois bel et bien présente.

Parmi les personnes à faire une présentation, la mairesse de Whitehorse, Kathy Watson, a fait part de son amour pour la chaîne radio de la SRC.

«À mon avis, l'équilibre entre le divertissement et l'information à la radio de la SRC est parfait. C'est une radio rafraîchissante car elle nous éloigne des émissions «à l'américaine» (...) Lorsqu'on vient des régions éloignées, on se sent automatiquement isolé. Un réseau national comme la SRC, nous permet donc d'avoir une ouverture sur le monde», a fait savoir Mme Watson.

Monsieur Brad Heath, photographe et journaliste établi à Yellowknife depuis 1977, a argumenté dans le même sens.

«Je crois que la programmation de la SRC est intelligente et diversifiée contrairement aux réseaux privés qui nous servent des émissions remplies de stéréotypes comme Beavis and Butthead ou Baywatch», a-t-il expliqué.

«Je crois qu'un effort devrait être fait afin de donner plus d'information locale. De cette façon, les autres Canadiens auraient une meilleure perception de ce que nous sommes puisque les résidants du nord sont différents de ceux qui habitent à Vancouver ou Edmonton», a aussi mentionné Mme Watson.

Lorsqu'on parle d'information locale, un bulletin météo juste et ponctuel est, par exemple, un enjeu important pour les gens qui habitent dans les petites communautés et qui dépendent de la temparéture puisqu'ils vivent encore de la chasse et de la pêche.

«La météo qui nous est donnée est celle de la capitale. Elle est toujours en retard donc, non ponctuelle. Pour les gens des petites communautés, c'est une information primordiale qui doit être améliorée», a souligné, un résidant des T.N.-O., William Powless.

Selon les participants, le réseau national permettrait de respecter le principe démocratique qui prévaut au Canada.

«La SRC est nécessaire pour aider la démocratie puisqu'un réseau national fort permet aux gens du nord et du sud de s'exprimer et d'être entendus», a mentionné le vice-président d'Alternative North, Ben MacDonald.

Enfin, c'est donc un portrait de leur réseau national plutôt élogieux qu'ont dessiné les résidants du Nord.

«Je crois que c'est la meilleure chose que nous avons dans ce pays. La SRC unit l'ensemble des Canadiens et le fédéral doit absolument continuer de la supporter», a exprimé Barbara Drury, résidante du Yukon.

Pour les aider à donner leur opinion, le CRTC a proposé quelques questions : À votre avis, de quelle façon la SRC remplit-elle son rôle de radiodiffuseur public national? En abordant le prochain millénaire, la SRC devrait-elle remplir son rôle d'une façon différente que par le passé? De quelle façon la SRC dessert-elle le public autant au plan régional que national? Est-ce que la programmation offerte par les services de radio et de télévision de la SRC devrait être différente de celle offerte par les autres radiodiffuseurs? Dans l'affirmative, quelles devraient être ces différences? La SRC devrait-elle exercer un rôle particulier dans la présentation d'émissions canadiennes? Dans l'affirmative, quel devrait être ce rôle?

Les consultations, qui doivent se tenir dans onze emplacements au Canada, font partie d'un processus public qui comprendra une audience publique portant sur la SRC. Cette audience se tiendra à Hull (Québec) à partir du 25 mai 1999. Le Conseil examinera alors les demandes de renouvellement de licences pour les réseaux de télévision et de radio de langue anglaise et de langue française de la Société, pour les services spécialisés connus sous les noms de Newsworld et le Réseau de l'information (RDI), ainsi que pour la majorité des stations de télévision de langue anglaise et de langue française détenues et exploitées par la SRC. Le Conseil fournira plus de détails concernant l'audience dans un avis public distinct qui sera publié à une date ultérieure en 1999.