Éditorial : C’est un début

10 décembre 2015
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On est tous aux aguets du nouveau gouvernement fédéral. Il y a eu d’abord la nomination du Cabinet qui nous a réservé une belle surprise. En effet, la décision du premier ministre Trudeau de présenter un Cabinet qui reflète totalement la société canadienne en matière de représentation féminine est tout à fait exemplaire. Pour ma part, je trouve que cela augure bien pour le reste du travail de ce nouveau gouvernement. Ça change énormément du gouvernement antérieur où quelques-uns des députés et ministres croyaient fermement que le rôle des femmes se cantonnait à la cuisine et à la maison.
Puis il y a eu le discours du Trône. Les représentants de la francophonie n’ont pas tari d’éloges sur la mention des langues officielles. Pour ma part, je trouve que ce ne sont que des propos vagues, sans substance. Tout ce que le discours contient, c’est une portion de phrase indiquant que le gouvernement « encouragera l’utilisation des langues officielles du pays ». Le gouvernement antérieur avait aussi cette visée, mais avec le résultat déplorable que l’on connait. À mon avis, il y a une marge importante entre encourager l’utilisation des langues officielles et appuyer une francophonie canadienne qui en a bien besoin.
Ma réflexion ci-dessus n’est pas pessimiste. Je suis encore en attente d’indications claires sur les intentions réelle du gouvernement et je ne présume pas du tout que le gouvernement fédéral nous laissera en plan, encore une fois.
Puis, le mardi 8 décembre, le premier ministre participait à une rencontre avec l’Assemblée des Premières Nations. Un peu comme la réaction des représentants de la francophonie, celles des représentants des autochtones canadiens étaient des plus chaleureuse à l’endroit de Justin Trudeau. Comme je l’ai déjà mentionné dans un éditorial précédent*, une commission d’enquête n’est pas ce qui aidera les futures victimes de violence contre les femmes autochtones. Par contre, j’ai apprécié de voir le premier ministre Trudeau indiquer sa volonté de rétablir des bases nouvelles de collaboration fondées sur un partenariat à part entière. Ça fait changement de l’attitude condescendante empreinte de racisme du gouvernement conservateur antérieur.
À peine un peu plus d’un mois après les élections, certains médias, dont L’Aquilon, regardent avec prudence les tendances de ce nouveau gouvernement, échaudés qu’ils ont été au cours de la dernière décennie par un gouvernement autoritaire et sans empathie, tant pour la francophonie que pour les Autochtones et les femmes. En bref, on fait notre job.
* http://www.aquilon.nt.ca/Article/Une-question-de-priorites-201506251328/default.aspx