Où s'en va notre argent? : Budget territorial

28 mai 1999
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Lors d'une conférence organisée par le groupe Alternative North, le ministre des Finances a répondu aux questions du public concernant le budget récemment déposé par le gouvernement territorial.

Le budget du gouvernement territorial pour l'exercice financier 1999-2000 est serré. Pas la peine de s'inventer d'histoires, les années à venir seront difficiles et le ministre des Finances, Charles Dent, ne se le cache pas.

Différents facteurs menacent la santé financière du gouvernement territorial. D'abord, depuis 1997, la croissance démographique est à peu près imperceptible. Parmi les raisons expliquant une telle situation : un taux de natalité à l'ouest des Territoires moins élevé qu'au Nunavut ainsi qu'une situation économique difficile qui, d'ici l'an prochain, aura entraîné le départ d'environ 2000 personnes résidant dans les Territoires.

À Yellowknife uniquement, 600 personnes ont perdu leur emploi depuis l'an dernier.

«Si nous maintenons les services tels qu'ils sont offerts à l'heure actuelle et si nous ne trouvons pas de moyens pour augmenter nos revenus, nous aurons un déficit de 150 millions pour l'exercice financier de l'année 2001-2002», a fait savoir le ministre Dent.

Pour chaque dollar généré par l'activité économique des Territoires, le gouvernement fédéral ne redonne que 0,20 $ au gouvernement territorial par le biais de subventions. Idéalement, le gouvernement territorial aimerait recevoir 0,40 $ pour chaque dollar généré par son économie.

«Des discussions allant dans ce sens ont été entamées avec le ministre Paul Martin et la ministre Jane Stewart mais, ce n'est que l'idée qui a été émise et rien ne démontre qu'Ottawa est prêt à faire un pas dans cette direction», a expliqué M. Dent.

Un autre facteur important qui pourrait aider à renflouer le portefeuille du GTNO serait que ce dernier puisse avoir juridiction sur ses ressources non renouvelables.

Pendant la prochaine année, la santé financière du gouvernement devra s'améliorer puisque l'augmentation des dépenses sera incontournable.

«Pourquoi nos dépenses augmenteront-elles? Eh bien, en raison des changements au sein de la population qui demandent des soins et des services spécifiques et coûteux, l'augmentation des salaires, les coûts engendrés par les négociations d'autonomie gouvernementale, la restructuration du système politique et enfin, l'inflation», a spécifié M. Dent.

Pour sa part, le groupe Alternative North se dit satisfait de la façon dont le budget a été réparti entre les différents ministères toutefois, le groupe aimerait voir une stratégie de développement économique plus diversifiée.

«Nous trouvons qu'un peu trop d'emphase est mise sur l'industrie du diamant et trop peu d'efforts sont déployés pour développer l'économie dans les petites communautés», a expliqué Suzette Montreuil d'Alternative North.